L’ état totalitaire franquiste

Le franquisme ne fut pas seulement le pouvoir personnel de Francisco Franco. À partir du soulèvement militaire de juillet 1936, il construisit progressivement un État fondé sur la concentration du pouvoir, la suppression du pluralisme politique, l’encadrement idéologique de la population et la subordination des institutions aux principes du Movimiento Nacional et à l’autorité du Caudillo.

Cette catégorie étudie cet État dans son ensemble : ses institutions, son droit, son idéologie, ses mécanismes de contrôle et les formes successives prises par son organisation jusqu’à la mort de Franco. Elle permet de suivre aussi bien la construction juridique du régime que son intervention dans l’éducation, la religion, la culture, la famille, les mœurs et la vie sociale.

Son fonctionnement concret est développé dans L’appareil répressif franquiste, consacré à la justice, à la police et aux instruments de coercition, et dans Le franquisme au quotidien, qui examine l’emprise du régime sur la société. La catégorie Documents rassemble les sources permettant d’en vérifier les textes, les décisions et les pratiques, tandis que Censure en étudie le contrôle de l’expression et de la création.

L’objectif est de considérer le franquisme comme un système institutionnel complet et d’en examiner les mécanismes à partir des lois, des archives, des pratiques administratives et de leurs effets sur la société espagnole.

  • Franco, 1936 : quatre jours pour le pouvoir absolu

    Franco en 1936 : pouvoir absolu et « concept totalitaire » Du décret 138 au premier BOE : quatre jours pour mettre l’Espagne entre ses mains Il ne fallut pas trente-neuf ans pour savoir ce que Francisco Franco ferait du pouvoir. Il fallut quatre jours. Du 29 septembre au 2 octobre 1936, les textes, les discours et les actes administratifs…

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    Un syndicat qui jurait fidélité au Caudillo

    Un syndicat qui jurait fidélité au Caudillo Ce que le « pluralisme limité » cachait : une vie de travail enrôlée d’office, 1938-1977 Le syndicat vertical ne peut pas être compris si l’on s’obstine à le regarder comme une simple organisation professionnelle, un syndicat un peu rude, autoritaire, corporatiste, mal élevé, mais au fond comparable à d’autres formes d’encadrement social….

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    Unidad, Totalidad y Jerarquía, les trois principes du syndicat vertical

    Le syndicat vertical : Unidad, Totalidad y Jerarquía Un outil coercitif du régime totalitaire franquiste, 1938-1977 Le syndicat vertical ne peut être compris si on le considère seulement comme une organisation professionnelle particulière, autoritaire ou corporatiste. Sa singularité réside ailleurs : il constitue l’un des mécanismes par lesquels le régime franquiste entreprend d’intégrer le monde du travail dans l’État, d’en…

  • España, Una, Grande y Libre: le totalitarisme espagnol

    « España, Una, Grande y Libre » : le totalitarisme espagnol Ou pourquoi la « dictature » de Franco fut un totalitarisme, et non un simple autoritarisme Les régimes autoritaires et totalitaires ne se contentent pas de gouverner par la force. Ils gouvernent par le verbe. La devise officielle du franquisme, « España, Una, Grande y Libre », héritée de…

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    Manuel Fraga Iribarne AL QUE LEYERE

    Note de transcription — Texte intégral de l’avant-propos « Al que leyere » de la thèse de Manuel Fraga Iribarne, Luis de Molina y el Derecho de la Guerra (CSIC — Instituto Francisco de Vitoria, 1944-1947). Transcription établie à partir de l’exemplaire numérisé (Internet Archive) : orthographe et accentuation normalisées, coquilles de reconnaissance optique corrigées. Quelques notes de bas de…

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    Fraga, Totalitarisme, quand tu nous tiens

    « Al servicio de Dios y de España » : ce que révèle la thèse de Manuel Fraga En 1944, un étudiant de vingt-deux ans soutient à l’Université de Madrid une thèse de doctorat sur un juriste jésuite du XVIᵉ siècle, Luis de Molina, et son droit de la guerre. L’affaire semble inoffensive : un jeune homme appliqué, un sujet…

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    Manuel Fraga Iribarne de l’appareil franquiste

    Manuel Fraga Iribarne : du franquisme à Alianza Popular (1944-1977) Manuel Fraga Iribarne fut l’un des principaux responsables politiques du franquisme avant de devenir le fondateur d’Alianza Popular. Ministre de l’Information et du Tourisme de Franco de 1962 à 1969, puis ministre de la Gobernación en 1975-1976, il incarne une continuité politique singulière entre la dictature franquiste et les premières années…

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    La réalité sociale de la femme sous le franquisme

    LES FEMMES TRAVAILLAIENT DÉJÀ La femme réelle face à la femme du BOE dans l’Espagne franquiste, 1936-1975 Il existe une manière singulièrement trompeuse de raconter l’histoire des femmes sous le franquisme. Elle consiste à aligner les lois, à constater quelques assouplissements dans les années 1950 et 1960, puis à conclure que la femme espagnole aurait progressivement quitté son foyer pour…

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    L’encadrement de la jeunesse sous le franquisme

    L’encadrement de la jeunesse sous le franquisme Le sport, les camps, les loisirs : tenir l’enfant même quand il jouait On a montré ailleurs comment l’école franquiste formait la conscience de l’enfant, par le catéchisme, les manuels et les diplômes. Mais l’ambition du régime ne s’arrêtait pas à la porte de la salle de classe. Elle suivait l’enfant dans la…

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    Enseignement religieux sous le franquisme

    L’enseignement religieux sous le franquisme Quand religion et endoctrinement ne font qu’un Parler d’« enseignement religieux » sous le franquisme peut induire en erreur si l’on donne à cette expression son sens contemporain. Il ne s’agissait pas d’introduire dans l’emploi du temps une connaissance du fait religieux, de l’histoire du christianisme, ou une instruction confessionnelle proposée aux familles qui la…

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    Ce que l’école franquiste enseignait

    Ce que l’école franquiste enseignait Religion, histoire, littérature, philosophie, sciences, sexualité, langues et contrôle des manuels, 1938-1975 Décrire l’organisation de l’école franquiste, ses établissements, ses filières et ses diplômes ne suffit pas à comprendre ce qu’elle fut. Il faut encore ouvrir les cahiers, examiner les programmes, lire les manuels, regarder quels auteurs étaient proposés aux élèves, quels événements historiques étaient…

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    Éduquer sous le franquisme (1938-1975)

    L’éducation nationale sous Franco (1938-1975) Moderniser l’école sans démocratiser le régime L’histoire de l’éducation sous le franquisme ne se réduit ni à l’histoire de l’école ni à celle des programmes. Elle touche à la conception même de la société que le régime entendait bâtir. Qui devait apprendre ? Jusqu’à quel âge ? Pour devenir quoi ? Qui accéderait à l’université,…

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    La fabrique du délit

    La fabrique du délit Le droit pénal, arme la plus froide du franquisme Parmi les instruments répressifs d’un État, on oublie trop souvent le plus banal, donc le plus redoutable : le droit pénal. On pense à la police, aux prisons, aux tribunaux, aux militaires, aux juges, aux procureurs, aux commissariats, aux fichiers, aux lois d’ordre public. On oublie parfois…

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    Un instrument totalitaire

    Un instrument totalitaire Ou le franquisme selon Arendt, et selon lui-même « L’État, national en tant qu’il est un instrument totalitaire au service de l’intégrité de la patrie. »1 Fuero du Travail, 9 mars 1938. J’ai dit, et j’ai écrit, que le franquisme fut un totalitarisme. On me le conteste, et l’on m’oppose, toujours, la théorie du régime autoritaire, en…

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    Franco et la question juive

    Franco et la question juive Franco, les Juifs et les 6 000 de Wannsee Le fichier policier de 1941 contre le mythe du sauveur « Les personnes visées par la mesure que je vous confie doivent être principalement celles d’origine espagnole désignées sous le nom de Sépharades, car leur adaptation au milieu et leur ressemblance avec notre tempérament leur donnent…

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    Agustín Gómez-Arcos et la censure franquiste

    Agustín Gómez-Arcos et la censure franquiste L’écrivain que Fraga affama « À la Troisième République, dût-elle naître des flammes et du fracas des armes. » Il existe des écrivains que la censure réduit momentanément au silence. Il en existe d’autres qu’elle chasse de leur langue, de leur métier et finalement de leur pays. Agustín Gómez-Arcos appartient à cette seconde catégorie. Son cas…

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    La censure franquiste

    La censure franquiste Le fantôme dans son propre pays « Un fantôme dans mon propre pays. Un écrivain fantôme. » Agustín Gómez-Arcos La parole comme territoire Après le corps, la rue, l’école et l’église, il restait au régime à contrôler la dernière chose, la plus intime et la plus dangereuse : ce qu’un homme pouvait dire, écrire, filmer, jouer, publier,…

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    L’affaire Linz et le franquisme

    L’affaire Linz et moi Ce que le prestige ne prouve pas Depuis que j’ai dit, et osé écrire, que le franquisme fut un totalitarisme, on s’ingénie à me contredire, à me contrarier, dans tous les sens du terme. À peine le mot est-il prononcé qu’un nom tombe : Juan José Linz. On ne m’oppose pas toujours des faits. On m’oppose…

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    Les bonnes mœurs

    Les bonnes mœurs L’État dans l’espace entre deux corps « La danse moderne est un exercice public de lascivité et de fornication, incarnation de la charogne morale des peuples les plus dégradés. » Père Jeremías de las Santas Espinas, Juventud en llamas. El baile moderno, 1964.   Après l’église, l’école et le certificat, il restait au régime une dernière frontière à franchir,…

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    La Brigada Político-Social

    La Brigada Político-Social, police politique de la dictature franquiste, 1938-1977 Genèse pendant la guerre, institutionnalisation en 1941, continuités jusqu’à la Transition Résumé La Brigada Político-Social, la BPS, surnommée « la Social », fut le principal service civil spécialisé dans la surveillance, l’infiltration et la répression politiques sous la dictature franquiste. Elle ne constituait pas un corps autonome. Ses agents appartenaient…

  • La police d’État

    La police d’État sous le franquisme, 1936-1977 De la division de juillet 1936 à la soumission institutionnelle au Movimiento Nacional Résumé La police espagnole ne se rallia pas collectivement au soulèvement militaire de juillet 1936. Une partie importante des forces de sécurité, notamment les gardes d’assaut de Madrid et de Barcelone, demeura fidèle à la République et participa à l’échec…

  • La Guardia Civil

     La Guardia Civil dans le mécanisme de la rébellion et de la dictature franquiste, 1936-1977 Introduction L’intégration de la Guardia Civil dans l’appareil franquiste ne peut être décrite comme le ralliement instantané et unanime d’un corps déjà acquis aux insurgés. En juillet 1936, la Guardia Civil se divise. Certains de ses commandements et de ses unités participent à la rébellion…

  • La loi des « vagos y maleantes » La mafia franquiste

    La loi des « vagos y maleantes » sous la mafia franquiste Le grand brigand juge des petits « Ce que tu fais en infestant la terre entière, je le fais avec un petit navire ; et parce que je le fais avec un petit navire, on m’appelle brigand, tandis que toi, parce que tu le fais avec une grande flotte, on…

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    La mafia franquiste. Épisode 7 bis — Le racket institutionnalisé

    La mafia franquiste. Épisode 7 bis — Le racket institutionalisé. Comment le régime fit payer au travailleur l’appareil chargé de le tenir. « La Ley asegura la subordinación de la organización sindical al Partido. » La loi assure la subordination de l’organisation syndicale au Parti. Ley de Bases de la Organización Sindical, 6 décembre 1940, préambule (BOE nᵒ 342 du…