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Espagne 1936

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  • Annexes
  • L’Espagne entre 1868 et 1936
  • Fascicule II
  • Fascicule III
  • Fascicule IV
  • Clausule des fascicules
  • La loi d’amnistie de 1977
  • Lexique
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Espagne 1936

Lexique historique et politique de l’Espagne, 1868-1977

Lexique  utilisé sur le site Espagne1936

Introduction

Les mots ne se contentent pas de décrire l’Histoire. Ils la découpent, la travestissent parfois, et finissent par imposer aux morts eux-mêmes le vocabulaire de leurs vainqueurs. Le soulèvement militaire devient ainsi Alzamiento ; le chef d’une dictature, Caudillo ; une exécution sommaire, ley de fugas ; les défenseurs de la République, los rojos. Sous le franquisme, la langue ne fut pas seulement un instrument de propagande : elle fut une administration de la peur, une manière de transformer le crime politique en maintien de l’ordre et l’obéissance en vertu nationale.

Mais l’Espagne ne parle pas d’une seule voix. À côté de l’espagnol apparaissent dans ces pages l’euskara, langue basque, et le català, langue catalane. Leur présence n’est pas anecdotique. La République avait reconnu des autonomies et rendu une existence publique à des langues que le franquisme voulut repousser dans le silence familial. Nommer Euskadi, ikurrina, Generalitat ou Olimpíada Popular, c’est donc restituer une part de l’histoire politique, culturelle et sociale que l’uniformité franquiste prétendit effacer.

Ce lexique rassemble les termes espagnols, basques et catalans employés dans les chapitres, documents et articles du site Espagne 1936. La langue de chaque entrée est indiquée. Les graphies historiques sont conservées lorsqu’elles appartiennent aux documents de l’époque. Leur forme actuelle ou leur éventuelle hispanisation est alors précisée.

Les simples noms de personnes ne sont pas retenus. Les titres d’ouvrages ne sont mentionnés que lorsqu’ils contiennent une expression historique ou linguistique utile à la compréhension du site. Les notes de bas de page sont exclues.

A

  • Alcalde — Espagnol. Maire. Sous le franquisme, les maires n’étaient pas librement élus au suffrage municipal : leur désignation et leur maintien dépendaient étroitement du pouvoir central, des gouverneurs civils et des structures du Movimiento.
  • Alzamiento – Espagnol. Soulèvement. Dans le vocabulaire franquiste, terme employé pour présenter le coup d’État militaire de juillet 1936 comme un soulèvement national légitime.
  • Años del hambre – Espagnol. « Années de la faim ». Expression désignant les années d’autarcie, de rationnement, de pauvreté et de marché noir ouvertes dans les années 1940. La formule demeura en usage populaire bien au-delà de la décennie qu’elle nomme, la pénurie et son souvenir se prolongeant longtemps.
  • Aparcero / aparceros – Espagnol. Métayer cultivant une terre en échange d’une partie de la récolte.
  • Arriba Carrero Blanco – Espagnol. Détournement ironique du slogan Arriba España après la mort de Carrero Blanco.
  • Arriba España – Espagnol. « Debout l’Espagne » ou « En avant l’Espagne ». L’un des principaux slogans franquistes.
  • Asociacionismo – Espagnol. Système d’associations politiques tolérées à l’intérieur du Movimiento sous le franquisme finissant. Il ne constituait pas un véritable pluralisme politique.
  • Atado y bien atado – Espagnol. « Attaché et bien attaché », « ficelé et solidement ficelé ». Formule attribuée à Franco pour affirmer que sa succession politique était parfaitement organisée.
  • Auxilio Social – Espagnol. Organisation d’assistance sociale issue de la Phalange. Son action caritative participait également à l’encadrement idéologique de la population.
  • Auzolan – Euskara. Littéralement « travail collectif » ou « travail de voisinage accompli en commun ». Le nom fut également porté par une formation politique basque de gauche.

B

  • Bandera – Espagnol. Drapeau.
  • Bandolero / bandoleros – Espagnol. Bandit de grand chemin. La propagande franquiste employa ce terme pour dépolitiser et criminaliser les guérilleros antifranquistes.
  • Bienio negro – Espagnol. « Biennat noir ». Nom donné par la gauche aux années 1933-1935, pendant lesquelles les réformes sociales et agraires de la République furent freinées ou remises en cause.
  • Boletín Oficial del Estado – Espagnol. Bulletin officiel de l’État espagnol. Son sigle est BOE.
  • Bracero / braceros – Espagnol. Ouvrier agricole employé à la journée ou à la saison. Littéralement, celui qui ne possède que la force de ses bras.
  • Busca y captura – Espagnol. Avis de recherche et d’arrestation.

C

  • Cacique / caciques – Espagnol. Notable local contrôlant les votes, les emplois, les relations avec l’administration et parfois la justice.
  • Casal de la Dona Treballadora – Catalan. « Maison de la femme travailleuse ». Institution barcelonaise consacrée à la formation, à l’assistance et à l’organisation des femmes des milieux populaires. Casal désigne une maison commune ou un centre associatif.
  • Casas del Pueblo – Espagnol. « Maisons du peuple ». Locaux ouvriers et socialistes servant de lieux de réunion, d’éducation et d’organisation syndicale.
  • Català – Catalan. Nom de la langue catalane en catalan. Le mot signifie également « catalan » comme adjectif ou nom d’habitant. En espagnol : catalán.
  • Catalunya – Catalan. Catalogne. La forme espagnole est Cataluña.
  • Caudillo – Espagnol. Chef, guide ou conducteur. Titre politique et militaire adopté par Franco : Caudillo de España.
  • Causa General – Espagnol. Enquête judiciaire générale ouverte par le régime franquiste en 1940 sur les violences commises dans la zone républicaine. Elle servit aussi à la répression et à la fabrication d’une mémoire officielle des vainqueurs.
  • CEDA – Espagnol. Confederación Española de Derechas Autónomas, Confédération espagnole des droites autonomes.
  • CNT – Espagnol. Confederación Nacional del Trabajo, Confédération nationale du travail, organisation anarcho-syndicaliste.
  • Colono / colonos – Espagnol. Tenancier ou fermier louant une terre contre le paiement d’un fermage.
  • Comitè Català pro Esport Popular – Catalan. « Comité catalan pour le sport populaire ». Organisme constitué en mars 1936 et à l’origine du projet d’Olympiade populaire de Barcelone.
  • Comitè Organitzador de l’Olimpíada Popular – Catalan. « Comité organisateur de l’Olympiade populaire ». Structure chargée de préparer la manifestation internationale prévue à Barcelone en juillet 1936.
  • Contubernio de Múnich – Espagnol. « Conciliabule de Munich ». Expression injurieuse employée par le régime pour désigner la réunion, en 1962, d’opposants espagnols au Congrès du Mouvement européen.
  • Cortes – Espagnol. Assemblée parlementaire espagnole. Sa nature et ses pouvoirs diffèrent selon qu’il s’agit de la République, du franquisme ou de la monarchie parlementaire.
  • Cortijo / cortijos – Espagnol. Grande exploitation ou domaine agricole, notamment en Andalousie. Le mot peut également désigner les bâtiments du domaine.
  • Criado / criados – Espagnol. Domestique ou ouvrier agricole logé sur le domaine de son employeur.

D

  • De Madrid al cielo – Espagnol. « De Madrid au ciel ». Dicton traditionnel madrilène, détourné avec une ironie macabre après l’attentat contre Carrero Blanco.
  • Desbandá – Espagnol, forme populaire andalouse. Débandade ou fuite désordonnée. Le terme désigne particulièrement l’exode de la population de Málaga vers Almería en février 1937, sous les bombardements franquistes, italiens et allemands.
  • Dictablanda – Espagnol. « Dictature molle ». Jeu de mots formé sur dictadura, utilisé pour désigner le gouvernement du général Berenguer après la dictature de Primo de Rivera.
  • Dirección General de Seguridad – Espagnol. Direction générale de la sûreté, organisme central de la police et de la surveillance politique.
  • Dona treballadora – Catalan. Femme travailleuse ou ouvrière.

E

  • Ejército Rojo – Espagnol. « Armée rouge ». Désignation franquiste de l’armée républicaine, notamment dans le communiqué final de Franco.
  • El Carnicero de Málaga / el carnicerito de Málaga – Espagnol. « Le boucher de Málaga » ou « le petit boucher de Málaga ». Surnoms donnés à Carlos Arias Navarro en raison de son rôle dans la répression de Málaga.
  • El hambre – Espagnol. La faim.
  • Elkartea – Euskara. Association ou société. Le mot apparaît notamment dans le nom Gerediaga Elkartea.
  • En el día de hoy, cautivo y desarmado el Ejército Rojo, han alcanzado las tropas nacionales sus últimos objetivos militares. La guerra ha terminado. – Espagnol. « Aujourd’hui, l’Armée rouge ayant été faite prisonnière et désarmée, les troupes nationales ont atteint leurs derniers objectifs militaires. La guerre est terminée. » Communiqué franquiste du 1ᵉʳ avril 1939.
  • Ertzaña – Forme basque historique. Nom de la police créée par le gouvernement autonome basque en 1936. Elle constitue un précédent historique de l’actuelle Ertzaintza, sans toutefois se confondre entièrement avec elle.
  • Esport Popular – Catalan. Sport populaire.
  • Esquerra Republicana de Catalunya – Catalan. « Gauche républicaine de Catalogne ». Parti républicain et catalaniste fondé en 1931. Son sigle est ERC.
  • Estado Español – Espagnol. « État espagnol ». Dénomination officielle fréquemment employée sous le franquisme.
  • Euskadi – Euskara. Nom politique et institutionnel du Pays basque. Il désigne aujourd’hui principalement la Communauté autonome basque.
  • Euskadiko Ezkerra – Euskara. « La Gauche d’Euskadi » ou « Gauche basque ». Organisation politique issue d’une partie de la gauche nationaliste basque.
  • Euskara – Euskara. Nom de la langue basque dans cette langue. C’est la forme à privilégier lorsqu’on emploie le nom original de la langue.
  • Euskera – Espagnol. Nom espagnol de la langue basque. C’est cette forme que le site emploie dans le passage consacré à la répression linguistique franquiste.
  • Eusko Ikaskuntza – Euskara. Société d’études basques. Eusko signifie ici « basque » et ikaskuntza, étude, apprentissage ou recherche.
  • Euzkadi – Graphie basque historique. Ancienne forme du mot Euskadi, diffusée par le nationalisme basque à partir de la fin du XIXᵉ siècle. Elle doit être conservée lorsqu’elle appartient à une institution ou à une inscription de 1936-1937.

F

  • FAI – Espagnol. Federación Anarquista Ibérica, Fédération anarchiste ibérique.
  • Falange Española Tradicionalista y de las JONS – Espagnol. Phalange espagnole traditionaliste et des Juntes d’offensive nationale-syndicaliste. Parti unique du régime franquiste à partir de 1937, généralement abrégé FET y de las JONS.
  • Forajido / forajidos – Espagnol. Hors-la-loi. Autre terme de propagande appliqué aux résistants et guérilleros antifranquistes.
  • Frente de Juventudes – Espagnol. Organisation franquiste chargée de l’encadrement et de l’endoctrinement de la jeunesse.
  • Fuero del Trabajo – Espagnol. Charte du travail promulguée le 9 mars 1938. Elle organisait les rapports sociaux selon les principes corporatistes et autoritaires du régime et définissait l’État comme « instrumento totalitario al servicio de la integridad patria » (BOE du 10 mars 1938, nᵒ 505, p. 6178-6181).
  • Fuero / fueros – Espagnol. Droits, privilèges ou institutions historiques propres à certaines provinces et communautés, notamment basques et navarraises.

G

  • Gaceta de Madrid – Espagnol. Journal officiel espagnol antérieur au Boletín Oficial del Estado.
  • Generalitat – Catalan. Institution historique de gouvernement autonome de la Catalogne. Le mot ne désigne pas seulement un gouvernement, mais l’ensemble institutionnel de l’autonomie catalane.
  • Gerediaga Elkartea – Euskara. « Association Gerediaga ». Nom d’une association culturelle et historique citée dans les références du site.
  • Gerra Zibila Otxandion – Euskara. « La guerre civile à Otxandio ». Gerra zibila signifie guerre civile ; Otxandion, à Otxandio.
  • Gobierno de Euzkadi – Espagnol avec un nom basque. « Gouvernement d’Euzkadi ». La structure grammaticale est espagnole. Seul Euzkadi est basque. Cette inscription apparaît notamment sur la monnaie émise par le gouvernement basque pendant la guerre.
  • Guardia Civil – Espagnol. Garde civile espagnole, corps de sécurité à statut militaire fondé en 1844.
  • Guerra Civil – Espagnol. Guerre civile.

H

  • Hable la lengua del Imperio – Espagnol. « Parlez la langue de l’Empire ». Slogan en faveur de l’imposition du castillan et de la marginalisation des autres langues d’Espagne.
  • Huerta – Espagnol. Zone de cultures maraîchères et fruitières irriguées, particulièrement caractéristique de la région de Valence.

I

  • Ikaskuntza – Euskara. Étude, apprentissage ou recherche. Le mot entre dans la dénomination Eusko Ikaskuntza.
  • Ikurrina – Euskara. Drapeau basque.
  • Ikurriña – Forme hispanisée. Graphie employée en espagnol et présente sur le site. En euskara normatif, le mot s’écrit ikurrina.
  • Instrucciones reservadas – Espagnol. « Instructions réservées » ou secrètes. Sur le site, l’expression désigne notamment les directives préparatoires au soulèvement rédigées par le général Mola.

J

  • JONS – Espagnol. Juntas de Ofensiva Nacional-Sindicalista, Juntes d’offensive nationale-syndicaliste.
  • Jornalero / jornaleros – Espagnol. Journalier agricole sans terre, embauché et payé à la journée.
  • Junta – Espagnol. Conseil, comité ou gouvernement provisoire.
  • Junta de Burgos – Espagnol. Nom donné à l’appareil de pouvoir installé par les insurgés à Burgos.
  • Junta de Defensa Nacional – Espagnol. Junte de défense nationale, premier gouvernement militaire de la zone insurgée en 1936.
  • Juntas de Defensa – Espagnol. Organisations corporatistes d’officiers apparues pendant la crise militaire et politique de 1917.

L

  • La Gloriosa – Espagnol. « La Glorieuse ». Nom donné à la révolution de septembre 1868 qui renversa Isabelle II.
  • La guerra ha terminado – Espagnol. « La guerre est terminée. » Dernière phrase du communiqué franquiste du 1ᵉʳ avril 1939.
  • L’altra Olimpíada – Catalan. « L’autre Olympiade ». Titre d’un ouvrage consacré à l’Olympiade populaire de Barcelone.
  • La Retirada – Espagnol. « La retraite ». Exode de centaines de milliers de républicains espagnols vers la France au début de 1939.
  • La Veu de Catalunya – Catalan. « La Voix de la Catalogne ». Journal catalaniste publié à Barcelone de 1899 à 1937.
  • Lehendakari – Euskara. Président du gouvernement basque. Le terme désigne précisément cette fonction institutionnelle.
  • Ley de fugas – Espagnol. Littéralement « loi des fuites ». Pratique consistant à exécuter un détenu en prétendant qu’il avait tenté de s’évader.
  • Ley de Peligrosidad y Rehabilitación Social – Espagnol. Loi de 1970 sur la dangerosité et la réhabilitation sociale, utilisée notamment contre les personnes considérées comme « asociales » et contre les homosexuels.
  • Ley de Responsabilidades Políticas – Espagnol. Loi de 1939 sur les responsabilités politiques, destinée à poursuivre et à dépouiller les soutiens de la République.
  • Ley de Vagos y Maleantes – Espagnol. Loi sur les vagabonds et les malfaiteurs. Votée sous la République en 1933, elle fut ensuite élargie et détournée par le franquisme.
  • Ley General del Servicio Militar – Espagnol. Loi générale sur le service militaire.
  • Llano – Espagnol. Plaine. Sur le site, le mot prend également un sens métaphorique : les gens ordinaires, ceux d’en bas, éloignés des lieux de pouvoir.
  • Llengua catalana – Catalan. Langue catalane.
  • Los rojos / rojo / rojos – Espagnol. « Les rouges ». Désignation péjorative appliquée par les franquistes aux républicains, socialistes, communistes, anarchistes et, plus largement, aux vaincus.

M

  • Málaga la Roja – Espagnol. « Málaga la Rouge ». Surnom rappelant l’ancrage populaire, ouvrier et républicain de la ville.
  • Martxoak – Euskara. Forme employée pour le mois de mars dans une date. L’expression 1937 martxoak 31 Durango signifie « Durango, 31 mars 1937 ».
  • Movimiento Nacional – Espagnol. Mouvement national. Ensemble politique et institutionnel regroupant le parti unique et les structures idéologiques du franquisme.
  • Mujeres Libres – Espagnol. « Femmes libres ». Organisation féminine anarchiste fondée en 1936.

N

  • Niños de Morelia – Espagnol. « Enfants de Morelia ». Groupe d’enfants espagnols (456 selon le chiffre le plus souvent avancé) accueillis au Mexique en 1937.

O

  • Olimpíada Popular – Catalan. Olympiade populaire. La graphie catalane porte un accent sur le í.
  • Olimpiada Popular – Espagnol. Forme espagnole de la même expression. Les deux graphies apparaissent sur le site parce que la manifestation était catalane, tandis qu’une partie des sources et des commentaires sont rédigés en espagnol.

P

  • País Vasco – Espagnol. Pays basque.
  • Paredón – Espagnol. Mur contre lequel ont lieu les exécutions par fusillade ; par extension, le peloton d’exécution.
  • Paredón de España – Espagnol. « Mur d’exécution de l’Espagne ». Expression employée sur le site à propos de la répression particulièrement importante à Valence.
  • Paseo / dar el paseo — Espagnol. Littéralement « promenade » et « emmener faire un tour ». Euphémisme désignant l’enlèvement d’une personne, généralement suivi de son exécution clandestine et de l’abandon du corps. Cette pratique exista dans les deux zones pendant les premiers mois du conflit, mais fut durablement intégrée au système répressif franquiste.
  • Patronato de Protección a la Mujer – Espagnol. Institution franquiste de « protection de la femme », chargée en réalité de surveiller et de rééduquer les femmes jugées moralement déviantes.
  • PCE – Espagnol. Partido Comunista de España, Parti communiste d’Espagne.
  • Peseta / pesetas – Espagnol. Unité monétaire espagnole utilisée de 1868 jusqu’à l’adoption de l’euro.
  • Pistolerismo – Espagnol. Période de violences armées, d’attentats et d’assassinats opposant à Barcelone les militants ouvriers, les hommes de main du patronat et les forces de police, particulièrement entre 1919 et 1923.
  • PNV – Espagnol. Partido Nacionalista Vasco, Parti nationaliste basque.
  • POUM – Espagnol. Partido Obrero de Unificación Marxista, Parti ouvrier d’unification marxiste.
  • Prófugo / prófugos – Espagnol. Personne en fuite ou recherchée. Dans le contexte militaire, insoumis ou réfractaire au service militaire.
  • Pronunciamiento / pronunciamientos – Espagnol. Soulèvement ou intervention militaire visant à renverser un gouvernement ou à imposer un changement politique.
  • PSOE – Espagnol. Partido Socialista Obrero Español, Parti socialiste ouvrier espagnol.
  • Pueblo – Espagnol. Selon le contexte : peuple, population ou village.

Q

  • Quejío – Espagnol, parler andalou. Plainte ou cri douloureux caractéristique du chant flamenco.

R

  • Redención de penas por el trabajo – Espagnol. « Rachat des peines par le travail ». Système franquiste de travail pénitentiaire présenté comme une expiation morale et politique.
  • Registro Civil – Espagnol. Registre ou état civil.
  • República Española – Espagnol. République espagnole.
  • Requeté / requetés – Espagnol. Milicien carliste, catholique et monarchiste, engagé aux côtés des insurgés pendant la guerre.

S

  • Saca — Espagnol. Littéralement « sortie » ou « extraction ». Sortie collective de détenus d’une prison, généralement en vue de leur exécution sans jugement. Le mot reste particulièrement associé aux violences de l’arrière durant les premiers mois de la guerre.
  • Sanjuanada – Espagnol. Projet de soulèvement prévu pour la Saint-Jean de 1926 contre la dictature de Primo de Rivera.
  • Sanjurjada – Espagnol. Tentative de coup d’État conduite par le général Sanjurjo en août 1932 contre la République.
  • Sección Femenina – Espagnol. Section féminine de la Phalange, chargée de l’encadrement idéologique, domestique et social des femmes.
  • Setmana Popular d’Esport i Folklore – Catalan. « Semaine populaire du sport et du folklore ». Intitulé développé de l’Olympiade populaire de Barcelone.
  • Si eres español, habla español – Espagnol. « Si tu es espagnol, parle espagnol. » Slogan imposant le castillan comme seule langue légitime.
  • Sindicatos Libres – Espagnol. « Syndicats libres ». Organisations ouvrières conservatrices et antianarchistes, soutenues par une partie du patronat.
  • Sindicato Vertical – Espagnol. Syndicat franquiste réunissant obligatoirement patrons et travailleurs dans une même organisation corporatiste contrôlée par l’État.
  • Solidaridad Obrera – Espagnol. « Solidarité ouvrière ». Nom d’une organisation puis d’un important journal anarcho-syndicaliste.
  • Straperlo – Espagnol. Nom d’un scandale de corruption qui ébranla le Parti radical en 1935. Le mot estraperlo désigna ensuite le marché noir et le trafic clandestin.

T

  • Tarancón al paredón – Espagnol. « Tarancón au mur ! » Slogan de l’extrême droite franquiste dirigé contre le cardinal Vicente Enrique y Tarancón.
  • Tercio de Marruecos – Espagnol. Unité militaire créée en 1920 au Maroc espagnol, à l’origine de la Légion espagnole.
  • Tierra y Libertad – Espagnol. « Terre et Liberté ». Devise et titre historique de la presse anarchiste espagnole.
  • Tribunal de Orden Público – Espagnol. Tribunal d’ordre public créé en 1963 pour juger les délits politiques sous le franquisme.
  • Turno pacífico – Espagnol. « Alternance pacifique ». Système organisé sous la Restauration par lequel conservateurs et libéraux se succédaient au pouvoir grâce à des élections contrôlées.

U

  • UGT – Espagnol. Unión General de Trabajadores, Union générale des travailleurs, centrale syndicale socialiste.

V

  • València – Catalan, forme valencienne. Nom de Valence dans la langue catalane telle qu’elle est parlée et officiellement désignée dans la Communauté valencienne. La forme espagnole est Valencia.
  • Voló, voló, Carrero voló – Espagnol. « Il s’est envolé, Carrero s’est envolé. » Formule satirique apparue après l’attentat contre Carrero Blanco.
  • Vuestros Jefes – Espagnol. « Vos chefs ». Expression figurant dans la formule du serment militaire étudiée sur le site.

Note linguistique

L’Euskara et le Català ne sont ni des dialectes de l’espagnol ni de simples curiosités régionales. Ce sont des langues possédant leur propre histoire, leur grammaire, leur littérature et leur espace culturel, antérieur au castillan dit espagnol.

Certaines formes présentes dans les documents témoignent cependant du passage d’une langue à l’autre :

  • euskara est le nom basque de la langue ; euskera est sa forme espagnole ;
  • ikurrina est la graphie basque ; ikurriña est une forme hispanisée ;
  • Euzkadi est une graphie historique ; Euskadi est la forme moderne ;
  • Olimpíada Popular est catalan ; Olimpiada Popular est espagnol ;
  • Catalunya est catalan ; Cataluña est espagnol ;
  • València est la forme catalane ou valencienne ; Valencia est la forme espagnole.

Cette distinction n’est pas seulement grammaticale. Sous le franquisme, imposer le castillan revenait à imposer une conception centralisée de l’État et de l’identité nationale. Rendre aujourd’hui à chaque terme sa langue, sa graphie et son histoire, c’est restituer aux peuples ce que la dictature avait voulu réduire au silence.

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Sous La croix et le fusil

  • Avertissement de l’auteur
  • Sommaire – Sous la croix et le fusil 1936–1977
  • À propos du livre
  • Dédicace
  • Préface — Nommer les choses
  • Prologue — Du droit de résister
  • De Gaulle et Franco
  • La croisade à crédit
  • Camus contre la poignée de main
  • Fidélité à l’Espagne — Camus et Char
  • De Gaulle et la mémoire confisquée
  • De Gaulle au Pardo
  • La fraternité des sabres — du Rif au Pardo
  • Le Rif avant Guernica
  • Le coffre-fort de la neutralité
  • Le pétrole n’est pas une arme
  • Suisse — L’horlogerie de la neutralité
  • Le pipeline et le prisonnier
  • Rendez à César
  • Desserrer les doigts de la croix
  • Ni captifs ni désarmés
  • Le Noël noir du bunker franquiste
  • Le fossoyeur de l’ouverture
  • Post-scriptum — Les héritiers du verrou
  • Les rentiers de l’oubli
  • Postface — Les faits sont sacrés
  • La défaite de la République espagnole 

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