L’enseignement religieux sous le franquisme
Quand religion et endoctrinement ne font qu’un
Parler d’« enseignement religieux » sous le franquisme peut induire en erreur si l’on donne à cette expression son sens contemporain. Il ne s’agissait pas d’introduire dans l’emploi du temps une connaissance du fait religieux, de l’histoire du christianisme, ou une instruction confessionnelle proposée aux familles qui la souhaitaient.
Le système instauré après le soulèvement de 1936 reposait sur un principe différent : la doctrine catholique était tenue par l’État pour une vérité normative participant à la formation intellectuelle, morale et politique de l’élève. Elle devait être enseignée, assimilée, appliquée à la conduite, contrôlée dans son orthodoxie par l’Église et évaluée par l’école.
C’est en ce sens précis que le terme endoctrinement peut être employé historiquement. Il ne constitue pas un jugement sur la religion catholique elle-même. Une religion peut être étudiée, enseignée ou pratiquée sans endoctrinement.
Ce qui caractérise le système franquiste est l’association institutionnelle de plusieurs éléments : une doctrine présentée comme vraie, son intégration obligatoire au cursus, le contrôle de son contenu par l’autorité religieuse, son association à des pratiques cultuelles, son usage explicite pour modeler les convictions et les comportements, enfin son évaluation dans les examens.
Les textes officiels ne contraignent guère l’historien à interpréter leurs intentions. Ils les énoncent eux-mêmes. Il suffit de les lire.
1938 : former une mentalité catholique
La loi du 20 septembre 1938 réformant le Bachillerato est promulguée alors que la guerre se poursuit. Elle est l’un des textes fondateurs de l’éducation franquiste.
Son exposé des motifs affirme que l’enseignement doit exercer une action durable sur la personnalité et la mentalité de l’élève. Le texte rejette même une pédagogie fondée sur la seule récitation, au profit d’une « action continue et progressive sur la mentalité de l’élève ».1 On notera l’aveu : il ne s’agit pas d’instruire une tête, mais de la façonner.
La loi définit ensuite sans ambiguïté le contenu de cette formation : « El Catolicismo es la médula de la Historia de España », le catholicisme est la moelle de l’histoire de l’Espagne. À cette affirmation répond un programme précis : catéchisme, Évangiles, morale, liturgie, histoire de l’Église et apologétique. Religion et philosophie forment le premier des sept grands groupes de disciplines fondamentales du Bachillerato.2
Le terme d’apologética mérite qu’on s’y arrête, car il dit tout. L’apologétique n’est pas l’étude comparée des religions. C’est la défense rationnelle de la foi. Le programme ne demande donc pas à l’élève de connaître ce que croit le catholicisme, il lui demande de le défendre. On ne formait pas des esprits capables de juger la doctrine, on formait ses avocats commis d’office, chargés de plaider une cause qu’ils n’avaient pas choisie et qu’il leur était interdit de perdre.
La même loi associe aussitôt cette instruction religieuse à la formation patriotique, à une certaine histoire de l’Espagne, de l’Empire et de l’Hispanidad. Catholicisme et identité nationale sont noués dans la même construction.3
Une matière qui décide aussi du passage dans la classe supérieure
La religion n’est pas seulement au programme de 1938. Elle appartient aux matières soumises au système général d’évaluation.
À la fin de chaque année, chaque professeur inscrit dans le Libro de calificación escolar la note de l’élève et prononce une appréciation de suffisance ou d’insuffisance pour chaque matière. Le conseil des professeurs décide ensuite du passage, du rattrapage ou du redoublement.4 Or la religion est l’une des disciplines fondamentales.
Dans le Bachillerato de 1938, la connaissance religieuse faisait donc partie des matières dont la suffisance était prise en compte pour autoriser le passage dans la classe supérieure.
Pour le diplôme final, c’est plus net encore. L’Examen de Estado est indispensable au titre de Bachiller et à l’entrée à l’université. Il comprend une épreuve écrite éliminatoire et une épreuve orale organisée autour des disciplines fondamentales. Puisque Religion et Philosophie en constituent une, la religion entre dans le dispositif conduisant au titre.5 Autrement dit, on ne pouvait pas la traiter comme une matière extérieure au diplôme. On pouvait rater sa vie, non son catéchisme.
L’école primaire de 1945 : la religion en tête de la formation
La loi du 17 juillet 1945 sur l’enseignement primaire généralise cette conception.
Son article 37 partage les connaissances en catégories. Parmi les « formatives », base de l’éducation morale et intellectuelle, la formation religieuse arrive en première position, devant la formation de l’esprit national, la formation intellectuelle et l’éducation physique.6 Elle n’est donc pas un supplément spirituel venant après la lecture et le calcul. Elle est, juridiquement, le socle.
La loi osait d’ailleurs, en son article 5, un mot que le législateur n’emploie pas à la légère : l’éducation primaire, disait-elle, était « consubstantielle » au sens catholique. Le terme est emprunté au dogme de la Trinité, où le Fils est consubstantiel au Père. Le régime ne disait pas que l’école devait être catholique. Il disait qu’elle l’était par nature. Et l’on ne réforme pas une substance, on s’y soumet.
L’État n’est pas seul à décider. L’article 38 prévoit que les questionnaires de formation religieuse et les pratiques du culte sont proposés par la hiérarchie ecclésiastique.7 Le contrôle s’étend aux livres : selon l’article 48, aucun ouvrage scolaire ne peut être utilisé sans approbation ministérielle, et tout livre touchant à la doctrine exige en outre l’approbation préalable de l’Église.8
Nous sommes donc devant un système où celui qui enseigne, ce qu’il enseigne et le livre avec lequel il l’enseigne sont soumis à un même contrôle doctrinal.
La connaissance religieuse est-elle évaluée à l’école primaire ?
Oui, mais il faut être précis. La loi de 1945 soumet l’ensemble des activités scolaires à des épreuves objectives, et la cartilla de escolaridad, qui enregistre les résultats, est nécessaire à la délivrance du Certificado de Estudios Primarios.9 La formation religieuse étant obligatoire et formative, ses résultats entrent dans la scolarité évaluée.
Mais il faut s’arrêter là où s’arrêtent les sources. La loi de 1945 ne permet pas, à elle seule, d’affirmer qu’une mauvaise note isolée en religion entraînait automatiquement le refus du certificat. Elle établit en revanche que la religion appartenait au cursus obligatoire évalué et que les résultats enregistrés participaient à la certification finale. C’est déjà considérable, et cela suffit.
L’université elle-même doit être catholique
Le dispositif ne s’arrête pas à l’enfance. La loi du 29 juillet 1943 affirme que l’Université de l’État doit être catholique et prendre pour guide le dogme et la morale chrétienne, et impose une culture religieuse supérieure obligatoire, présentée comme une rupture avec le laïcisme antérieur.10 L’enseignement religieux n’est donc pas réservé aux enfants, qu’on excuse de ne pas encore savoir se défendre. On l’imposait aussi à des adultes de vingt ans.
L’historien Manuel de Puelles Benítez souligne cette singularité : le franquisme incorpore la religion catholique de façon obligatoire au primaire, au secondaire et, pour la première fois, à l’université. Il parle du triomphe du national-catholicisme.11
1953 : la fusion de l’État enseignant et de l’Église enseignante
La loi du 26 février 1953 confirme le système. Son article 2 dispose que l’enseignement moyen doit être conforme au dogme et à la morale catholiques ainsi qu’aux principes fondamentaux du Mouvement national.12 Le rapprochement n’est pas fortuit : la foi et la politique logent dans le même article de loi, ce qui en dit long sur leur parenté.
L’article 58 confie à l’Église l’inspection de tout ce qui touche à l’enseignement religieux, à l’orthodoxie des doctrines et à la moralité des mœurs.13 On mesure l’ambition du mot : ce n’est plus une matière que l’on surveille, ce sont les mœurs. Les enseignants de religion, eux, sont nommés par le ministère sur proposition de l’Église, avec le rang des professeurs titulaires.14
L’État fournit l’école et reconnaît le professeur. L’Église contrôle sa doctrine et son contenu. Ce partage est consacré la même année par le Concordat entre l’Espagne franquiste et le Saint-Siège.
Son article XXVI impose le respect du dogme dans tous les établissements, publics comme privés, et donne aux évêques la surveillance de la foi, des mœurs et le pouvoir de faire retirer livres et matériels contraires à la doctrine.15 Son article XXVII va plus loin : l’État garantit la religion catholique comme matière ordinaire et obligatoire dans tous les établissements, de tout ordre et de tout degré.16
On peut difficilement formuler juridiquement une obligation plus totale.
Le curé entre aussi dans l’école
Le Concordat dit ce que signifiait « enseignement religieux ». Dans les écoles primaires publiques, la religion était enseignée par l’instituteur, mais le curé de la paroisse intervenait périodiquement par des leçons catéchétiques. Dans le secondaire, les cours allaient d’abord à des prêtres ou religieux. À l’université, l’enseignant de religion devait posséder les qualifications ecclésiastiques requises.17
Cela distingue définitivement cette matière d’une histoire scolaire des religions. L’enseignement religieux franquiste est une activité catéchétique confiée à l’Église pour transmettre sa propre foi. L’autorité qui certifie l’orthodoxie de l’enseignement est la même institution que celle dont on enseigne la doctrine. Le juge et la partie ne faisaient qu’un.
1957 : produire une « attitude chrétienne face à la vie »
L’un des documents les plus instructifs est une ordonnance du 14 mai 1957 sur les cinq années de formation religieuse des Institutos Laborales. Elle ne concerne que le Bachillerato Laboral Elemental, et n’est donc pas le programme de toutes les écoles. Mais elle est précieuse, car le ministère y expose avec une précision rare ce qu’un cours de religion doit accomplir.
Sa finalité officielle est de « crear en el alumno una actitud cristiana ante la vida », créer chez l’élève une attitude chrétienne devant la vie. La religion y est présentée non comme théorie, mais comme vie pratique à appliquer au monde réel, et notamment au monde du travail.18 Le programme comprend histoire sainte, histoire de l’Église, liturgie, dogme, morale, vie surnaturelle, doctrine.
Rien n’y manque, sauf une chose, une seule, à laquelle nul ne songea : le droit de l’élève de n’être pas d’accord.
Du décret au cartable
Cette architecture de décrets ne resta pas sur le papier. Restait à fabriquer les hommes qui l’appliqueraient. Pour « orienter » les instituteurs, le régime monta des stages chargés, selon ses propres termes, de « saturer leur esprit du contenu religieux et patriotique qui inspire notre croisade », et réserva aux fidèles, aux anciens combattants surtout, les postes vidés par l’épuration.19
Dans le secondaire, deux chaires sur dix à peine restaient vraiment libres.20 On ne formait pas des maîtres, on les remplissait, avant de leur confier des enfants.
Et la doctrine prit la forme d’un livre. L’Enciclopedia Álvarez, de l’instituteur zamoran Antonio Álvarez Pérez, régna sur l’école primaire de 1954 à 1966. Environ vingt-deux millions d’exemplaires des ouvrages destinés directement aux élèves auraient été vendus ; l’ensemble éditorial, en comptant cahiers d’exercices, livres auxiliaires, cartillas et ouvrages du maître, atteignit quelque trente-trois à trente-quatre millions d’exemplaires. La collection arriva à représenter près de 80 pour cent du marché et accompagna la scolarité de plus de huit millions d’enfants.21
On y trouvait, reliés dans le même volume, l’arithmétique et l’histoire sainte, la géométrie et les Évangiles, la patrie et la Vierge. La religion n’y voisinait pas avec les autres savoirs, elle les imprégnait.
Sur la façon dont naquit ce monument, l’auteur ne laissa aucun doute : il existait, disait-il, « unos cuestionarios y un régimen censor que te indicaban lo que habías de poner, y si no era así, no te aprobaban el libro ».22 Le manuel le plus lu d’Espagne fut donc, de l’aveu de son auteur, un texte écrit sous surveillance. Huit millions d’enfants apprirent à lire, à compter et à croire dans un livre que le censeur avait relu avant eux.
Ce que cela laisse dans une tête
Reste la question que le droit ne pose jamais, et qui est pourtant la seule qui compte. Que fait un tel système à celui qui le subit ? Ici, je quitte l’archive pour l’interprétation, et je le dis franchement : ce qui suit n’est pas un fait documenté mais une lecture, que je crois solide.
Une loi s’abroge en un jour. Le système concordataire de 1953 commença à être révisé par l’accord du 28 juillet 1976, puis fut profondément remplacé par les accords conclus entre l’Espagne et le Saint-Siège en 1979.23 Les programmes changèrent. Mais ce qu’on dépose dans la tête d’un enfant de sept ans ne s’abroge pas par décret.
C’est là toute la puissance recherchée par l’endoctrinement scolaire : intervenir avant que l’enfant dispose pleinement des instruments intellectuels permettant de mettre en cause ce qu’une institution lui présente comme vrai. Il travaille l’esprit avant que l’esprit ne sache qu’on le travaille.
Et il peut obtenir ainsi ce qu’aucune police ne saurait arracher durablement : non l’obéissance seule, qui est extérieure et se relâche, mais l’intériorisation, lorsque la règle finit par être vécue comme allant de soi.
L’enfant formé de la sorte n’a pas besoin d’un gendarme derrière lui. Il le porte au-dedans. Il a appris que douter était une faute, que la question était déjà un péché, que l’autorité avait toujours une raison qu’il ignorait, et que sa conscience valait moins que la règle. Il a appris à confondre la vertu avec la soumission et le silence avec la paix. On lui a donné, pour la vie, un réflexe : devant l’ordre, ne pas penser, croire ; devant le supérieur, ne pas discuter, obéir.
Et ce réflexe déborda l’église. Un peuple qu’on a dressé, enfant, à ne pas questionner le curé questionnera-t-il le patron, le maire, le commissaire, le Caudillo ? C’est là que le calcul se dévoile. En confiant l’école à une Église qui enseignait l’obéissance comme une vertu surnaturelle, la dictature n’obtenait pas seulement des croyants. Elle obtenait des sujets. La docilité religieuse et la docilité politique sont la même plante sur deux tiges.
Qui apprend à courber la tête devant Dieu l’a déjà courbée devant l’État qui parle en son nom. Le national-catholicisme ne fut pas la rencontre fortuite d’une foi et d’un pouvoir. Ce fut une division du travail : à l’Église le soin de former des âmes obéissantes, à l’État le bénéfice de les gouverner sans effort.
Voilà pourquoi cet enseignement fut plus qu’une matière. Il fut la fondation. Les fusils tiennent un pays le temps d’une génération. Une conscience formée le tient toute une vie, et souvent la suivante, car l’enfant devenu parent transmet à son tour ce qu’on lui a mis dans la tête, persuadé de l’avoir choisi.
C’est le triomphe le plus discret et le plus durable de la dictature : non pas les prisons, qui s’ouvrirent, ni les lois, qui s’abrogèrent, mais ce pli pris dans des millions d’esprits, et que la démocratie, un demi-siècle plus tard, s’emploie encore à défaire.
L’école franquiste n’apprit pas seulement à des enfants ce qu’était Dieu. Elle leur apprit à ne jamais se demander qui avait décidé, à leur place, ce qu’ils devaient croire. Et c’est peut-être la seule leçon qui ne s’oublie pas.
Notes et références
- Ley de 20 de septiembre de 1938 sobre reforma de la Enseñanza Media, exposé des motifs, Boletín Oficial del Estado, nº 85, 23 septembre 1938, p. 1385-1395. Le texte revendique une « acción continua y progresiva sobre la mentalidad del alumno ».
Texte officiel, BOE.
↩ - Ibid. La loi établit sept groupes fondamentaux de disciplines et place au premier rang « Religión y Filosofía ». Elle définit également le catholicisme comme « la médula de la Historia de España ».
BOE, 23 septembre 1938.
↩ - Ibid., exposé des motifs et programme du Bachillerato. Le texte associe explicitement formation religieuse, culture classique, histoire impériale et défense de l’Hispanidad.
Texte officiel.
↩ - Ibid., dispositions relatives au Libro de calificación escolar, aux appréciations de suficiencia et insuficiencia et aux décisions annuelles de passage.
BOE.
↩ - Ibid. L’Examen de Estado conditionne l’obtention du titre de Bachiller et l’accès aux études universitaires et porte sur les disciplines fondamentales du programme.
BOE.
↩ - Ley de 17 de julio de 1945 sobre Educación Primaria, notamment art. 5 et 37, BOE, nº 199, 18 juillet 1945.
Texte officiel, BOE.
↩ - Ibid., art. 38. Les questionnaires de formation religieuse et les pratiques du culte relèvent de propositions de la hiérarchie ecclésiastique.
BOE.
↩ - Ibid., art. 48, relatif à l’approbation des livres scolaires et à l’autorisation ecclésiastique des ouvrages touchant à la doctrine et à la morale catholiques.
BOE.
↩ - Ibid., dispositions relatives aux épreuves scolaires, à la cartilla de escolaridad et au Certificado de Estudios Primarios.
BOE.
↩ - Ley de 29 de julio de 1943 sobre ordenación de la Universidad española. La loi définit l’Université de l’État comme catholique, soumise au dogme et à la morale chrétienne, et prévoit une culture religieuse supérieure.
Texte officiel, BOE.
↩ - Manuel de Puelles Benítez, « Religión y escuela pública en nuestra historia: antecedentes y procesos », Bordón. Revista de Pedagogía, 2006. Voir également son analyse de l’école du national-catholicisme dans Educación e ideología en la España contemporánea.
Texte intégral, Dialnet.
↩ - Ley de 26 de febrero de 1953 sobre Ordenación de la Enseñanza Media, art. 2, BOE, nº 58, 27 février 1953.
Texte officiel, BOE.
↩ - Ibid., art. 58, relatif à l’inspection ecclésiastique de l’enseignement religieux, de l’orthodoxie doctrinale et de la moralité.
BOE.
↩ - Ibid., dispositions relatives au professorat de religion et à sa désignation sur proposition de l’autorité ecclésiastique.
BOE.
↩ - Concordato entre la Santa Sede y España, signé le 27 août 1953, art. XXVI. Le texte impose la conformité de l’enseignement au dogme et à la morale catholiques et reconnaît aux ordinaires ecclésiastiques des pouvoirs de surveillance.
Texte du Concordat, BOE.
↩ - Ibid., art. XXVII : l’État garantit l’enseignement de la religion catholique comme matière ordinaire et obligatoire dans les établissements d’enseignement de tout ordre et de tout degré, avec les dispenses prévues par le texte.
BOE.
↩ - Ibid., art. XXVII, sur les modalités d’enseignement de la religion dans le primaire, le secondaire et le supérieur.
Concordat de 1953.
↩ - Orden de 14 de mayo de 1957 relative à la formation religieuse dans le Bachillerato Laboral Elemental. Le programme donne notamment pour objectif de « crear en el alumno una actitud cristiana ante la vida ».
Texte officiel, BOE.
↩ - Sur les cours de réorientation idéologique du Magisterio, voir notamment Teresa González Pérez, « La educación insular durante el franquismo », qui reproduit l’objectif officiel consistant à donner au maître les orientations de « la auténtica Pedagogía » et à « saturar su espíritu del contenido religioso y patriótico que informan nuestra gloriosa Cruzada ». L’auteure renvoie à l’Orden de 14 de julio de 1939, publiée au BOE du 27 juillet.
Texte intégral, Dialnet.
↩ - Equipo de Estudios, « Panorámica de la educación desde la Guerra Civil », Cuadernos de Pedagogía, nº 9, septembre 1975, p. 24-40, notamment p. 29. L’étude indique que, dans l’enseignement moyen, seules deux places sur dix étaient réellement libres, les autres étant soumises aux mécanismes de réservation et de priorité institués après l’épuration. Voir aussi José María Hernández Díaz, « Franquismo y educación », pour l’historiographie de ces mécanismes.
Référence complémentaire.
↩ - Sur la diffusion de l’Enciclopedia Álvarez, les estimations couramment reprises distinguent environ 22 millions d’exemplaires des ouvrages scolaires proprement dits et 33 à 34 millions en comptant les cahiers, cartillas, ouvrages auxiliaires et livres destinés aux enseignants. La collection fut utilisée par plus de huit millions d’élèves et atteignit une position dominante sur le marché scolaire. Voir la présentation de l’éditeur EDAF et la notice de la Biblioteca de Educación du ministère espagnol.
EDAF, Antonio Álvarez Pérez ;
Biblioteca de Educación, Ministerio de Educación.
↩ - Begoña Muñoz Fraile, « La Enciclopedia Álvarez en su contexto », Studia Zamorensia, vol. XX, 2021. L’étude reproduit l’entretien accordé par Antonio Álvarez à Elena Pita en 1997 : « existían unos cuestionarios y un régimen censor que te indicaban lo que habías de poner, y si no era así, no te aprobaban el libro ».
Texte intégral, Dialnet.
↩ - Le processus de révision du Concordat de 1953 commence officiellement avec l’Accord entre le Saint-Siège et l’État espagnol signé le 28 juillet 1976. Les accords du 3 janvier 1979 remplacent ensuite l’essentiel du dispositif concordataire antérieur, notamment en matière juridique, économique, militaire, éducative et culturelle.
Accord du 28 juillet 1976, BOE ;
Accord sur l’enseignement et les affaires culturelles, 1979, BOE.
↩