La République reçut des volontaires, Franco reçut des États
La solidarité internationale et l’abstention organisée, 1936-1939
Juillet 1936 : la solidarité était déjà sur place
On date ordinairement la solidarité internationale de l’automne 1936 et de la formation des Brigades. C’est une erreur de calendrier, et elle a des conséquences politiques, puisqu’elle laisse croire que l’antifascisme international fut une décision prise à Moscou. Il se trouve qu’une partie de cette solidarité était physiquement présente à Barcelone avant le premier coup de feu.
Une Olimpiada Popular devait s’y ouvrir le 19 juillet 1936, en riposte aux Jeux de Berlin. Elle avait été organisée en trois mois par le Comitè Català pro Esport Popular et réunissait vingt-trois délégations, parmi lesquelles des nations sans État, la Catalogne, Euskadi, l’Alsace, la Lorraine, la Palestine, ainsi que des équipes d’exilés allemands et juifs.1 Le 18 juillet, Pau Casals répétait au Palau de la Música le concert d’ouverture pendant que les athlètes répétaient la cérémonie au stade de Montjuïc. Selon le communiqué que le Comité espagnol publia le 21 juillet, plus de trois mille athlètes étrangers et quelque quinze mille spectateurs venus d’Europe et d’Amérique étaient déjà rassemblés dans la ville.2
Les jeux furent annulés à l’aube du 19 juillet. La plupart des délégations repartirent comme elles purent, la frontière française s’étant refermée. Environ deux cents athlètes restèrent et s’engagèrent dans les milices ouvrières, parmi lesquels la nageuse suisse Clara Thalmann.3 La première brigade internationale de la guerre d’Espagne fut donc une équipe sportive, et elle n’attendit d’ordre de personne.
À ces sportifs s’ajoutèrent aussitôt des étrangers déjà résidents et les exilés politiques venus d’Italie, d’Allemagne, d’Autriche et de Pologne, pour qui l’Espagne offrait enfin un terrain où livrer une bataille perdue chez eux. Leurs passages furent improvisés : réseaux de partis, groupes affinitaires, comités antifascistes, faux papiers, franchissements clandestins.
Cette chronologie n’annule pas le rôle du Komintern, qui fut considérable. Elle établit seulement qu’il organisa ce qu’il n’avait pas inventé.
Les Italiens, et le prix qu’ils payèrent
Les exilés italiens furent parmi les premiers à comprendre la portée européenne de l’affaire. Carlo Rosselli, fondateur de Giustizia e Libertà, rejoignit la Catalogne et leva une colonne italienne rattachée à la colonne Ascaso. Camillo Berneri, philosophe anarchiste, y combattit également et devint l’une des grandes voix libertaires de la révolution, tout en dénonçant l’emprise croissante du stalinisme. Il fut assassiné à Barcelone pendant les journées de mai 1937.
Le mot d’ordre que Rosselli popularisa depuis les micros de Barcelone, aujourd’hui en Espagne et demain en Italie, était une prophétie exacte, mais elle se retourna contre lui. Le 9 juin 1937, vers dix-neuf heures, sur le chemin vicinal numéro 1 reliant Couterne à Bagnoles-de-l’Orne, Carlo Rosselli et son frère Nello furent assassinés par un commando de la Cagoule.4 L’accord avait été conclu à Monte-Carlo le 22 mars 1937 entre des représentants de l’organisation française et des membres du gouvernement italien, Filippo Anfuso pour les Affaires étrangères, le commandant Roberto Navale pour le contre-espionnage et Sante Emanuele, colonel de carabiniers en retraite. Le paiement se fit en armes.5
Il vaut de s’arrêter sur ce fait, car il éclaire tout le reste. Un État étranger acheta le meurtre de deux de ses ressortissants sur le sol français, à une organisation française, contre livraison de fusils. Les autorités françaises ne le découvrirent qu’en novembre suivant, lorsque la Cagoule fut démantelée après avoir tenté d’attribuer aux communistes ses propres attentats. La non-intervention n’était pas seulement une politique. C’était un état de perception.
Trois États, et pas un de plus
Le Mexique. Le gouvernement de Lázaro Cárdenas fut le soutien étatique le plus constant et le moins équivoque. Il vendit des armes, plaida la cause républicaine devant la Société des Nations et refusa de placer sur le même plan un gouvernement légal et des militaires insurgés. Après la défaite, il accueillit plus de vingt mille réfugiés, dont une part considérable du monde savant et littéraire espagnol. La Casa de España, devenue le Colegio de México, les universités et les maisons d’édition prolongèrent l’existence intellectuelle d’une République que les armes avaient abolie.6
L’Union soviétique. Elle fournit avions, chars, artillerie, techniciens et conseillers, et cette aide devint indispensable dès lors que l’Allemagne et l’Italie engagèrent ouvertement leurs appareils et leurs troupes. Mais elle ne fut ni immédiate dans toute son ampleur ni désintéressée. Moscou lia son concours à la progression de l’influence communiste et à la constitution d’un appareil de sécurité partiellement placé sous son contrôle. Reconnaître l’importance militaire de cette aide n’oblige pas à transformer Staline en protecteur de la liberté espagnole. La République avait besoin d’armes. L’URSS fut à peu près seule à lui en vendre, et entendit faire payer politiquement cette position de fournisseur quasi exclusif.
La France, brièvement. Le gouvernement de Front populaire envisagea immédiatement de livrer des armes, et le ministre de l’Air Pierre Cot facilita les premiers départs d’appareils. Léon Blum recula sous l’effet conjugué des divisions de son cabinet, de la campagne de la droite, de l’hostilité des milieux militaires et diplomatiques, et surtout de la pression britannique. La France proposa alors elle-même l’accord de non-intervention. Des livraisons discrètes se poursuivirent par intermittence, mais la politique officielle enferma la République dans un embargo que l’Allemagne et l’Italie violaient méthodiquement.
Le Royaume-Uni. Londres tint fermement la non-intervention, sous Baldwin puis sous Chamberlain, par crainte d’une extension européenne du conflit, par hostilité à la révolution sociale et par calcul d’intérêts. Cette politique n’accorda pas une neutralité égale aux deux camps : elle interdit au gouvernement légal d’acheter des armes pendant que Franco recevait celles de Hitler et de Mussolini. Elle fut juridiquement symétrique et matériellement dissymétrique. Elle immobilisa les démocraties et laissa agir les dictatures.
Ce que la non-intervention laissait passer
Il existe pourtant un cas où l’embargo américain ne gêna personne, et il mérite de figurer au centre de ce chapitre plutôt qu’en note.
La Texas Petroleum Company, dirigée par Torkild Rieber, avait signé en 1935 un contrat faisant d’elle le principal fournisseur en pétrole de la République espagnole. Au déclenchement de la guerre, Rieber changea de camp. Pendant le conflit, la compagnie vendit aux franquistes plus de trois millions et demi de tonnes de produits pétroliers, pour une valeur d’environ vingt millions de dollars. Comme l’industrie du pétrole était alors contrôlée par un petit nombre de sociétés américaines, britanniques, néerlandaises et soviétiques, et que ni l’Allemagne ni l’Italie n’étaient en mesure d’approvisionner Franco en carburant, ce rôle fut décisif : ce pétrole permit aux forces rebelles et à celles de leurs alliés d’opérer sur terre, sur mer et dans les airs.7
L’opération violait ouvertement les lois de neutralité américaines de 1935, 1936 et 1937, qui prohibaient la vente de fournitures militaires et l’octroi de crédits à l’un ou l’autre camp. Rieber contournait l’interdiction en expédiant ses pétroliers vers Anvers, Rotterdam ou Amsterdam, leurs capitaines recevant en haute mer l’ordre de dérouter vers les ports franquistes. Il accorda en outre le crédit et une remise substantielle en renonçant aux frais de transport.8
Il fit davantage. Il chargea les employés de la compagnie répartis dans le monde de signaler les chargements de pétrole destinés au camp républicain. Plus de cinquante messages furent transmis aux franquistes au cours de la guerre, entraînant directement le naufrage d’au moins deux navires. Au total, vingt-neuf pétroliers destinés à la République furent capturés, coulés ou endommagés. Ford et General Motors vendirent des camions, Firestone des pneumatiques. Le gouvernement américain ferma les yeux.9
On peut donc formuler ainsi le régime réel de la non-intervention : le volontaire américain qui partait pour Albacete risquait la perte de son passeport, et l’armateur américain qui ravitaillait Franco obtenait une remise sur le fret. L’embargo fut appliqué aux citoyens et suspendu pour les actionnaires.
Le Komintern organisa ce qu’il n’avait pas inventé
Le 18 septembre 1936, le Komintern décida d’organiser le recrutement systématique de volontaires. Les partis communistes nationaux, et particulièrement le parti français, furent chargés de sélectionner, transporter et encadrer les candidats. Paris devint la plaque tournante, les volontaires gagnaient le sud de la France, franchissaient la frontière et rejoignaient Albacete.
Environ trente-cinq mille volontaires, originaires d’une cinquantaine de pays, servirent successivement dans les Brigades. Les Français formèrent le contingent le plus nombreux, suivis des Allemands et Autrichiens, des Polonais, des Italiens, des Britanniques, des Américains, des Belges, des Yougoslaves, des Tchécoslovaques et des Canadiens.10 Parmi les unités les plus connues figurèrent le bataillon Commune de Paris, le bataillon Edgar André, le bataillon Garibaldi, le bataillon Dombrowski, le bataillon britannique, le bataillon Abraham Lincoln, le bataillon Mackenzie-Papineau et les formations balkaniques Dimitrov et Đuro Đaković.
Deux images se disputent la mémoire de ces hommes et aucune ne tient. Celle d’une épopée entièrement spontanée efface l’appareil qui la conduisit. Celle d’une armée de marionnettes soviétiques efface les convictions qui l’avaient peuplée, souvent forgées par le chômage, l’exil, l’antisémitisme ou la prison. La vérité administrative est que la base d’Albacete fut dirigée par André Marty avec une rigueur politique dont l’histoire interne des Brigades garde la trace, et la vérité humaine est que la plupart des volontaires étaient venus d’eux-mêmes.
Le sort de Mikhaïl Koltsov résume l’ambiguïté mieux qu’un développement. Correspondant de la Pravda, il signa la chronique soviétique la plus célèbre de la guerre. Rappelé à Moscou, il fut arrêté puis exécuté par ceux-là mêmes qui la lui avaient commandée.11
Les Brigades ne résument pas non plus l’ensemble des volontaires. Des étrangers servirent dans les colonnes anarchistes, dans les milices du POUM, dans l’aviation, dans les services médicaux et dans les unités régulières, sans y avoir jamais appartenu. Simone Weil rejoignit ainsi durant l’été 1936 le groupe international de la colonne Durruti sur le front d’Aragon. Son engagement fut bref et son regard devint vite critique, mais elle avait choisi la révolution libertaire plutôt que l’encadrement communiste.
Les écrivains, et la colonne des neutres
En 1937, Nancy Cunard et ses coéditeurs interrogèrent les écrivains britanniques et irlandais sur la guerre d’Espagne. Le résultat est plus intéressant que la légende qu’on en a tirée. Cent quarante-huit auteurs répondirent : cent vingt-huit en faveur du gouvernement, cinq contre, le reste se déclarant neutre.12
Cette colonne des neutres est celle qu’il faut lire. Les éditeurs y rangèrent seize réponses, sous un intitulé assorti d’un point d’interrogation, et elle contenait quelques-uns des plus grands noms de la littérature contemporaine : T. S. Eliot, Ezra Pound, Vera Brittain, H. G. Wells et Vita Sackville-West, cette dernière contestant jusqu’au terme de gouvernement « légal » employé dans la question.13 Contre le gouvernement se rangèrent notamment Arthur Machen, Edmund Blunden et Evelyn Waugh. Samuel Beckett répondit en trois mots, dont le dernier était la République.
L’objection la plus solide vint pourtant du camp républicain. George Orwell, rentré d’Espagne blessé et fuyant la persécution politique, tint l’exercice pour une sottise et sa réponse ne fut pas publiée.14 Il combattait dans une milice du POUM, il avait vu de près la répression de 1937, et son Hommage à la Catalogne défendit la révolution ouvrière contre la version officielle de la guerre. Il soutenait le camp antifranquiste et refusait la manière dont on écrivait son histoire.
Du côté français, le soutien fut massif et divers : André Malraux, engagé dès 1936 et associé à l’organisation d’une escadrille républicaine, Louis Aragon, Jean-Richard Bloch, Jean Cassou, Paul Nizan, André Chamson, Claude Aveline, Julien Benda, Tristan Tzara, Romain Rolland, André Gide malgré sa rupture avec Moscou, Pierre Jean Jouve, Benjamin Péret, proche du POUM et du mouvement libertaire plutôt que de la ligne officielle. Tous ne soutenaient pas la même Espagne. Aragon défendait la ligne communiste du Front populaire quand Péret condamnait le stalinisme et se rapprochait des dissidents. La solidarité littéraire n’abolissait pas les conflits politiques, elle les ajournait.
Chez les exilés de langue allemande, la guerre parut la continuation du combat perdu en 1933 : Heinrich Mann, Lion Feuchtwanger, Anna Seghers, Ernst Toller, Egon Erwin Kisch, Ludwig Renn qui servit dans les Brigades, Gustav Regler, commissaire de la XIIᵉ Brigade, Erich Weinert, Willi Bredel, Alfred Kantorowicz, Theodor Balk. Beaucoup participèrent au IIᵉ Congrès international des écrivains pour la défense de la culture, ouvert à Valence le 4 juillet 1937 et poursuivi à Madrid, Barcelone et Paris, qui rassembla des délégations de près de trente pays. Événement considérable, il intervint néanmoins près d’un an après le putsch, et donna une visibilité spectaculaire à une solidarité commencée bien plus tôt dans les ports, les permanences syndicales et les passages clandestins des Pyrénées.
L’Amérique latine fournit un appui intellectuel d’une puissance particulière, avec Pablo Neruda et España en el corazón, César Vallejo et España, aparta de mí este cáliz, Nicolás Guillén, Juan Marinello, Alejo Carpentier, Octavio Paz, Elena Garro, Carlos Pellicer, le compositeur Silvestre Revueltas, Raúl González Tuñón en Argentine. Aux États-Unis, la neutralité officielle n’empêcha ni la mobilisation syndicale ni celle des écrivains : Hemingway, Martha Gellhorn, Dos Passos jusqu’à sa rupture provoquée par l’exécution de son ami José Robles, Lillian Hellman, Dashiell Hammett, Dorothy Parker, Langston Hughes, Josephine Herbst. Le film de Joris Ivens, The Spanish Earth, fut financé par plusieurs d’entre eux pour acheter des ambulances. Paul Robeson chanta pour les républicains et visita les volontaires. Le médecin canadien Norman Bethune organisa en Espagne un service mobile de transfusion sanguine dont la médecine de guerre garde l’usage.
Les femmes, effacées deux fois
La participation des femmes étrangères ne se réduisit pas aux soins. Emma Goldman fut la propagandiste internationale de la CNT-FAI, Nancy Cunard l’organisatrice de campagnes intellectuelles et humanitaires, Gerda Taro et Kati Horna des photographes de guerre, Martha Gellhorn et Lise Lindbæk des journalistes, Anna Seghers une écrivaine de premier plan, Salaria Kea une infirmière volontaire venue de la communauté noire américaine, Sylvia Townsend Warner et Valentine Ackland des militantes de l’aide médicale britannique. Gerda Taro fut tuée en juillet 1937 après la bataille de Brunete. Felicia Browne, artiste et militante britannique, avait été tuée au combat dès août 1936 : elle fut la première volontaire britannique à mourir en Espagne, et c’était une femme.
Leur effacement ultérieur procède du même mécanisme que celui qui marginalisa les Espagnoles de Mujeres Libres. L’histoire conserva volontiers l’image romantique du volontaire international. Elle lui donna presque toujours un visage masculin.
Les enfants, ou la solidarité à distance respectueuse
La forme la plus massive de la solidarité étrangère fut aussi la moins héroïque, et elle est presque absente des récits.
Les premières évacuations d’enfants vers la France eurent lieu dès septembre 1936, par petits groupes. La première expédition officielle partit le 20 mars 1937 : quatre cent cinquante enfants basques furent conduits à la colonie Maison Heureuse, sur l’île d’Oléron. Une autre mena soixante-douze enfants en Union soviétique.15 Après Guernica, le gouvernement d’Euzkadi organisa des évacuations massives. Le 21 mai 1937, le paquebot Habana quitta Santurce pour Southampton avec près de quatre mille enfants. Le 13 juin, il appareilla de nouveau vers Pauillac, d’où le Sontay en conduisit une partie jusqu’à Leningrad.16
Les totaux disponibles donnent environ vingt mille enfants accueillis en France, cinq mille en Belgique, près de quatre mille au Royaume-Uni, environ trois mille en Union soviétique, plusieurs centaines en Suisse, quatre cent cinquante-six au Mexique, les niños de Morelia, cent vingt-deux au Danemark. En avril 1938, l’Assistance sociale basque chiffrait à près de trente-huit mille l’exode des seuls enfants basques.17
Deux détails méritent d’être relevés. La Suède, la Norvège et les Pays-Bas ne reçurent pas d’enfants sur leur territoire mais financèrent des colonies en France, ce qui permettait d’être solidaire sans être hospitalier. Et l’Office central d’évacuation et d’assistance aux réfugiés fut créé en février 1937 par Federica Montseny, alors ministre de la Santé et de l’Assistance sociale, ce qui rattache directement ce chapitre à celui que nous avons consacré aux femmes libertaires.18
La contradiction
La République reçut donc l’appui d’une part remarquable de l’intelligence mondiale et du mouvement ouvrier international. Elle ne reçut pas l’appui militaire régulier des grandes démocraties.
Des écrivains signaient, des ouvriers donnaient une journée de salaire, des infirmières partaient, des volontaires mouraient, des artistes vendaient leurs œuvres, des syndicats achetaient des ambulances, des familles anglaises et belges recueillaient des enfants basques, et les gouvernements français et britannique maintenaient l’embargo pendant qu’une compagnie pétrolière américaine faisait crédit à Franco. Les individus prirent les risques que leurs États refusaient de prendre. Les volontaires remplacèrent, avec leurs corps, les armes que les démocraties ne livraient pas.
En face, Hitler, Mussolini et Salazar apportèrent aux insurgés des territoires de repli, des avions, des navires, des troupes, des armes et des crédits. La solidarité étrangère fut immense, mais elle demeura dispersée entre l’aide humanitaire, l’engagement militaire, la propagande culturelle et la démarche diplomatique. La République reçut des volontaires. Franco reçut des États.
Note sur l’état de la preuve
Faits établis. L’Olimpiada Popular, sa date, ses délégations et le communiqué du Comité espagnol du 21 juillet 1936. L’assassinat des frères Rosselli le 9 juin 1937 et l’accord de Monte-Carlo du 22 mars 1937. Les volumes et les modalités de l’approvisionnement pétrolier de Franco par la Texas Petroleum Company. La décision du Komintern du 18 septembre 1936. Les chiffres de l’enquête de Nancy Cunard et la composition de sa colonne des neutres. Les dates et destinations des principales évacuations d’enfants. La création de l’Office central d’évacuation en février 1937.
Attestations à consolider. Le nombre d’athlètes étrangers demeurés en Espagne, généralement estimé à deux cents, sans que la méthode de comptage soit établie. Le total des volontaires des Brigades, ordinairement fixé à trente-cinq mille, avec des fourchettes allant de trente-deux mille à quarante mille selon les auteurs. La catégorie exacte dans laquelle Aldous Huxley et Virginia Woolf furent rangés dans l’enquête Cunard. Les dates précises de l’arrestation et de l’exécution de Mikhaïl Koltsov. Les totaux d’enfants évacués, qui varient sensiblement d’une source à l’autre. La composition détaillée du commando de Bagnoles-de-l’Orne et la nature exacte du paiement en armes.
Écarté en l’état. L’inscription de H. G. Wells parmi les soutiens de la République : il figure dans la colonne des neutres de l’enquête Cunard et ne peut être compté au nombre des partisans. L’inscription d’Albert Camus, de Georges Duhamel et d’Emmanuel Mounier parmi les soutiens publics de 1936-1939 : l’engagement de Camus fut réel mais local et sans notoriété à cette date, celui de Mounier et de la revue Esprit consista d’abord à refuser la thèse de la croisade et à défendre les catholiques basques, ce qui n’est pas la même chose, et celui de Duhamel n’est pas établi. La présentation de l’aide soviétique comme un soutien désintéressé, comme celle des Brigades comme une création exclusivement spontanée ou exclusivement téléguidée.
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1L’ouvrage de référence est Xavier Pujadas et Carlos Santacana, L’altra Olimpíada. Barcelona ’36, dont les données d’édition restent à compléter. Le nombre d’athlètes inscrits varie selon les sources entre quatre mille Espagnols et deux mille étrangers d’une part, et plus de cinq mille participants au total d’autre part.
2Communiqué du Comité espagnol de l’Olimpiada Popular, publié le 21 juillet 1936. Le texte fait état de plus de trois mille athlètes étrangers et d’environ quinze mille spectateurs déjà rassemblés à Barcelone. La date d’ouverture prévue apparaît tantôt au 19, tantôt au 22 juillet selon les sources ; le communiqué lui-même retient le dimanche 19.
3L’estimation d’environ deux cents athlètes demeurés en Espagne pour rejoindre les milices est reproduite par plusieurs travaux sans que la méthode de comptage soit précisée. Attestation à consolider. Le cas de Clara Thalmann, nageuse suisse, est en revanche documenté.
4Sur les circonstances, voir « L’affaire Rosselli et l’Orne : de l’aveuglement à l’oubli », Annales de Normandie, 2000. Les corps furent inhumés au Père-Lachaise le 19 juin 1937, puis transférés en 1951 au cimetière monumental de Trespiano, près de Florence.
5L’accord de Monte-Carlo du 22 mars 1937 associe, du côté italien, Filippo Anfuso, le commandant Roberto Navale et Sante Emanuele. Le paiement en armes est mentionné par plusieurs sources, dont l’une avance le chiffre de cent fusils Beretta. Ce chiffre reste à établir sur pièce. Le principal exécutant, Jean Filiol, se réfugia en Italie et ne fut jamais jugé ; un procès se tint à Paris en octobre 1948.
6Le nom du représentant mexicain qui porta la cause républicaine devant la Société des Nations demande une vérification : les sources citent tantôt Isidro Fabela, tantôt Narciso Bassols, lesquels exercèrent des fonctions distinctes.
7Adam Hochschild, Spain in Our Hearts. Americans in the Spanish Civil War, 1936-1938, Princeton University Press, 2016. Le contrat de 1935 faisait de la compagnie le fournisseur principal de la République ; le renversement date de 1936.
8Les lois de neutralité américaines de 1935, 1936 et 1937 prohibaient la vente d’armes et de fournitures militaires ainsi que l’octroi de crédits aux belligérants. Rieber effectua deux voyages en zone franquiste pendant la guerre et y rencontra Franco.
9Le chiffre de vingt-neuf pétroliers capturés, coulés ou endommagés couvre l’ensemble du conflit et ne peut être imputé en totalité aux renseignements fournis par la compagnie ; deux naufrages au moins lui sont directement rattachés.
10Le total d’environ trente-cinq mille volontaires est le plus généralement retenu, avec des fourchettes de trente-deux mille à quarante mille selon les auteurs. Attestation à consolider.
11Les dates exactes de l’arrestation et de l’exécution de Mikhaïl Koltsov restent à vérifier sur source primaire avant citation.
12Authors Take Sides on the Spanish War, Left Review, Londres, 1937. Cent quarante-huit réponses, dont cent vingt-huit favorables au gouvernement, cinq hostiles, et le solde rangé parmi les neutres.
13Les éditeurs constituèrent une catégorie de seize réponses sous un intitulé assorti d’un point d’interrogation, procédé qui en dit long sur leur embarras. La catégorie exacte dans laquelle furent rangés Aldous Huxley et Virginia Woolf reste à vérifier sur le fascicule original. Rappelons que Julian Bell, neveu de Virginia Woolf, mourut en juillet 1937 en conduisant une ambulance pour le Spanish Medical Aid.
14La réponse d’Orwell ne fut pas retenue par les éditeurs. Le jugement qu’il porta sur l’enquête est rapporté par plusieurs travaux ; sa formulation exacte reste à vérifier sur source.
15Les premières évacuations vers la France remontent à septembre 1936, par petits groupes. La première expédition officielle du 20 mars 1937 conduisit quatre cent cinquante enfants basques à Boyardville, sur l’île d’Oléron.
16Les chiffres de l’expédition du Habana varient : quatre mille enfants selon la presse de l’époque, trois mille neuf cent cinquante-six selon le décompte de l’Assistance sociale basque d’avril 1938 pour l’ensemble du Royaume-Uni.
17Décompte de l’Assistance sociale basque, avril 1938 : trente-sept mille neuf cent trente enfants basques évacués, dont vingt-deux mille deux cent trente-quatre en France, six mille deux cents en Catalogne, trois mille neuf cent cinquante-six au Royaume-Uni, trois mille deux cent un en Belgique et mille huit cent quatre-vingt-neuf en Union soviétique. Les autres totaux disponibles diffèrent sensiblement et doivent être présentés comme des estimations.
18L’Office central d’évacuation et d’assistance aux réfugiés fut créé en février 1937 et dissous en 1938. Pour les fonds documentaires, voir à l’Archivo General de la Administración la série du Servicio de Repatriación de Menores, IDD (09)017.022.