Le banc d’essai
L’Allemagne nazie, la Légion Condor et l’expérimentation de la guerre totale, 1936-1939
Anatomie d’une révolution. Recherche historique sur la révolution sociale pendant la Deuxième République espagnole, 1931-1939, et sur l’intervention étrangère au service de la dictature totalitaire franquiste.
L’aveu
Il est rare qu’un crime soit expliqué, sous serment, par celui qui l’a commis, devant le tribunal qui va le condamner à mort. C’est pourtant ce qui advint le 14 mars 1946, dans la salle du Palais de justice de Nuremberg, lorsque Hermann Göring, chef de la Luftwaffe, décrivit à ses juges ce que l’Espagne avait représenté pour lui.
Interrogé par son propre avocat sur l’aide apportée à Franco, Göring déclara qu’il avait voulu, d’une part, enrayer la propagation du communisme sur ce théâtre, et d’autre part, selon ses mots, éprouver sa jeune Luftwaffe à cette occasion, sous tel ou tel rapport technique. Il précisa : avec la permission du Führer, j’envoyai une grande partie de ma flotte de transport et un certain nombre d’unités expérimentales de chasseurs, de bombardiers et de canons antiaériens ; et j’eus ainsi l’occasion de vérifier, en conditions de combat, si le matériel était à la hauteur de la tâche. Pour que le personnel aussi pût acquérir une certaine expérience, ajouta-t-il, il veilla à un flux continu, de nouveaux hommes étant constamment envoyés en remplacement.1
Ce chapitre n’a pas d’autre thèse que cette phrase, et il se contente de la déplier. L’Espagne ne fut pas, pour l’Allemagne nazie, une croisade contre le communisme, quoi qu’en dît la propagande. Elle fut un banc d’essai. Les villes basques, les villages de Castellón, les colonnes de réfugiés furent les conditions de combat dont parle Göring, et les Espagnols morts sous les bombes furent les données de l’expérience. Le reste, l’anticommunisme, la défense de la chrétienté, la fraternité d’armes, fut l’emballage d’un test d’armement.
Une croisade qui testait des bombardiers
La propagande franquiste présenta la guerre comme une croisade, guerre sainte de l’Espagne catholique contre l’athéisme rouge. On peut mesurer la sincérité de cette croisade à la nature de ses croisés. Les défenseurs de la foi expédièrent en Espagne, avec la permission d’un chancelier païen qui méprisait le christianisme, des prototypes de chasseurs à roder, des bombardiers en piqué à calibrer et des canons antiaériens à étalonner, et ils s’assurèrent d’un renouvellement constant du personnel afin que le plus grand nombre d’officiers possible acquît de l’expérience du feu avant la vraie guerre, celle qui venait. La défense de la chrétienté occidentale prit ainsi la forme concrète d’un stage de perfectionnement pour la Luftwaffe, et Guernica brûla pour que les équipages allemands sussent, à conditions réelles, combien de temps il fallait à une ville de bois et de pierre pour prendre feu.
Ce n’est pas une extrapolation polémique, c’est la lecture littérale de l’aveu de Göring. Le maréchal du Reich ne parla ni de Dieu, ni de l’Espagne, ni de Franco. Il parla de matériel, de conditions de combat et de flux de personnel. La croisade, il la laissa aux communiqués.
Ni guerre civile pure, ni encore guerre mondiale
L’intervention allemande oblige à reposer la question du nom même du conflit. Guerre civile espagnole, guerre entre Espagnols ? Le mot est exact et insuffisant. Dès l’été 1936, une puissance étrangère qui préparait la conquête de l’Europe fit de la péninsule le premier terrain d’application de son arme aérienne. La guerre d’Espagne fut donc simultanément une guerre civile par ses acteurs et une guerre internationale par ses enjeux, le premier chapitre d’une guerre mondiale qui n’avait pas encore de nom. Les hommes qui commandèrent en Espagne, Sperrle, Richthofen, Warlimont, commanderaient trois ans plus tard au-dessus de Varsovie, de Rotterdam et de Londres. Les appareils rodés en Biscaye et à Teruel écraseraient la Pologne et la France. En ce sens, la Seconde Guerre mondiale ne commença pas en septembre 1939 : elle fit ses gammes en Espagne, à partir de juillet 1936, et les Espagnols en furent les premières cibles d’entraînement.
La naissance de la Légion Condor
L’aide allemande commença dès les premiers jours du soulèvement, avec le transport aérien de l’armée d’Afrique depuis le Maroc, opération décisive sans laquelle le putsch risquait l’asphyxie. Sur suggestion de Göring, et dans l’intention explicite d’éprouver son arme aérienne dans une guerre conventionnelle, Hitler offrit secrètement à Franco un soutien aérien pour ses troupes terrestres.2
En novembre 1936 fut constituée la Légion Condor, force d’intervention majoritairement aérienne, dotée de ses chasseurs, de ses bombardiers, de ses unités antiaériennes, de ses chars et de son école blindée. Elle fut commandée successivement par Hugo Sperrle puis par le baron Wolfram von Richthofen à l’état-major, avant que ce dernier n’en prît la tête. Le financement passait par un dispositif de sociétés-écrans qui interdit d’y voir un don désintéressé. Les livraisons transitaient par la HISMA, société hispano-marocaine de transports constituée à Tétouan le 31 juillet 1936 et contrôlée par le parti nazi, et étaient compensées par les exportations espagnoles de matières premières via la ROWAK.3 L’Allemagne se paya en minerai espagnol, fer et pyrites, indispensables à son réarmement. Le banc d’essai fut aussi une bonne affaire, et l’on retrouve ici, transposé sur le terrain minier, le même mécanisme que celui de la compagnie Texaco fournissant le pétrole de Franco : l’idéologie et le commerce marchaient du même pas.
Le laboratoire, matériel par matériel
Le mot de banc d’essai n’est pas une métaphore rétrospective. Il désigne des matériels précis, testés en Espagne, qui firent ensuite la Seconde Guerre mondiale. L’intervention allemande permit à Hitler d’améliorer la qualité de ses appareils et de corriger les défauts de son aviation, la préparant à l’offensive mondiale qu’il projetait.4
Trois appareils sortirent perfectionnés d’Espagne et formèrent la base de la guerre-éclair : le bombardier Heinkel 111, le chasseur Messerschmitt 109 et le bombardier en piqué Junkers 87, le Stuka. Le canon de 88 millimètres, le Flak, conçu comme pièce antiaérienne, y révéla son potentiel antichar, qui ferait sa réputation redoutable de 1940 à 1945. Les hommes autant que le matériel furent éprouvés : presque tous les officiers et pilotes passés par l’Espagne tinrent un rôle de premier plan dans la guerre mondiale. Ce que Göring appela vérifier si le matériel était à la hauteur de la tâche signifiait, en clair, mesurer sur des villes habitées l’efficacité de bombes que nul champ de tir n’aurait pu éprouver aussi bien.
Guernica, le banc d’essai nommé
Le bombardement de Guernica, le 26 avril 1937, est traité en détail dans le chapitre consacré à la terreur aérienne au Pays basque. Il faut ici en retenir ce qui touche à l’expérimentation, car Guernica est le lieu où le banc d’essai reçut son nom, de la bouche même de Göring.
Interrogé en 1946 sur la ville basque, Göring reconnut la responsabilité allemande et confirma la nature expérimentale de l’attaque. Guernica, admit-il, fut une sorte de banc d’essai pour la Luftwaffe ; c’était regrettable, mais on ne pouvait faire autrement, ses expérimentations ne pouvant alors se dérouler ailleurs.5 La froideur clinique de l’aveu se passe de commentaire. Un homme qualifie l’anéantissement d’une ville et de ses habitants de banc d’essai regrettable mais nécessaire, et se condamne par ses propres mots mieux que n’aurait pu le faire aucun réquisitoire.
Le responsable direct du bombardement fut Hugo Sperrle, commandant de la Légion Condor, secondé par Richthofen, lequel consigna dans son journal l’efficacité technique du résultat, preuve écrite que le massacre fut observé, au moment même où il se produisait, avec le regard de l’ingénieur mesurant un essai. Sperrle ne fut jamais puni pour Guernica. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il planifia et dirigea la destruction de Rotterdam en mai 1940 et le bombardement massif de Coventry.6 L’homme de Guernica devint l’homme de Rotterdam et de Coventry. La méthode éprouvée sur une petite ville basque fut appliquée à l’échelle d’un continent, ce qui est précisément la définition d’un essai réussi.
Castellón, l’expérience à l’état pur
S’il fallait une preuve que Guernica ne fut pas un dérapage mais une étape, elle se trouve en janvier 1938, et elle est postérieure à Guernica de neuf mois.
Trois Junkers 87 Stuka en phase d’essai arrivèrent à Vitoria au milieu de janvier 1938. Pour éprouver ces bombardiers en piqué, le commandement allemand choisit de bombarder secrètement quatre petits villages de la province de Castellón, sélectionnés précisément parce qu’ils étaient sans défense et éloignés du front, ce qui garantissait des conditions de test non perturbées. L’attaque tua trente-huit habitants, ne fut revendiquée par personne, et les Allemands prirent grand soin de la documenter pour leurs propres archives techniques.7 Là encore, selon les récits, des enfants sortirent saluer les avions. On ne cherchait aucun objectif militaire : on mesurait la précision d’un nouvel appareil sur des maisons et des églises.
C’est l’expérimentation à l’état chimiquement pur. Guernica pouvait encore se draper dans le prétexte d’un objectif militaire, le pont et les usines d’armes, jamais atteints. Castellón n’avait pas même ce voile. Quatre hameaux furent choisis pour leur absence de défense, bombardés pour vérifier un instrument, et le résultat consigné dans un rapport. Les trente-huit morts n’étaient, dans la logique de l’opération, que la conséquence enregistrée d’un test de précision.
Une guerre menée par-dessus la tête de Franco
Un trait constant relie l’intervention allemande à l’intervention italienne, et il éclaire la nature du conflit. Les alliés fascistes menaient en Espagne leur propre guerre, parfois à l’insu ou contre l’avis du Caudillo qu’ils servaient. Le bombardement expérimental de Castellón fut mené dans le plus grand secret, y compris à l’égard des Espagnols. De même que Mussolini ordonna le bombardement de Barcelone de mars 1938 à la grande indignation de Franco, de même l’état-major allemand conduisit ses essais aériens selon ses propres priorités techniques, qui n’étaient pas nécessairement celles de la stratégie franquiste.
Cette autonomie n’exonère en rien Franco, qui avait sollicité l’aide, l’avait acceptée, en avait tiré la victoire et en couvrit tous les actes. Elle éclaire seulement la vérité du rapport de forces : l’Espagne franquiste ne commandait pas ses alliés, elle leur ouvrait un terrain. Le prétendu sauveur de la souveraineté espagnole avait remis le ciel de l’Espagne à deux puissances étrangères qui y firent leurs expériences comme chez elles. La croisade nationale se menait avec des pilotes qui ne parlaient pas espagnol, sur ordre de capitales qui n’avaient que faire de l’Espagne, sinon comme d’un champ de tir commode.
Ce que l’Allemagne emporta, et ce qu’elle laissa
Le bilan allemand se lit en deux colonnes, également éloquentes.
Ce que l’Allemagne emporta : une aviation aguerrie, des appareils corrigés et perfectionnés, une doctrine d’appui au sol et de bombardement en piqué éprouvée au combat, un corps d’officiers rompus à la guerre réelle, et la certitude, vérifiée sur des villes, que la terreur aérienne fonctionnait. Elle emporta aussi le minerai espagnol qui alimenta son réarmement. L’Espagne fut pour le Reich un investissement rentable à tous égards, militaire, technique, humain et industriel.
Ce que l’Allemagne laissa : des villes rasées, des milliers de morts civils, et une méthode. La méthode du bombardement de terreur des populations civiles, inaugurée à Otxandio par des aviateurs franquistes, perfectionnée par la Légion Condor à Durango et à Guernica, affinée en secret à Castellón, essaimerait ensuite sur l’Europe entière, de Varsovie à Coventry, de Rotterdam à Stalingrad, avant de revenir frapper l’Allemagne elle-même, sur Hambourg et sur Dresde. Le banc d’essai espagnol tint toutes ses promesses, y compris les plus funestes, et pour ses inventeurs mêmes.
La reconnaissance, et son asymétrie
Guernica est, de tous les crimes étudiés dans cette recherche, celui qui a fini par recevoir un aveu et un pardon. L’aveu vint de Göring à Nuremberg, dès 1946. Le pardon vint en novembre 2025, lorsque l’Allemagne et l’Espagne demandèrent conjointement pardon pour le bombardement, en présence du président fédéral allemand, du roi Felipe VI et du lehendakari.8
Mais il faut préciser d’où vient cette reconnaissance, car l’asymétrie est la conclusion de ce chapitre comme elle l’était du précédent. L’aveu et le pardon vinrent de l’Allemagne, État coupable qui a fait, depuis, le travail de mémoire que l’on sait. De l’Espagne franquiste et de ses continuateurs, aucune reconnaissance de même nature ne vint jamais des bombardements d’Otxandio, de Durango, de Guernica ou de Castellón. L’auteur allemand a fini par demander pardon. L’auteur espagnol a décoré ses pilotes et laissé mourir dans leur lit les hommes qui avaient attiré des enfants par des saluts avant de les mitrailler. Le banc d’essai fut allemand, mais le terrain fut espagnol, et l’Espagne n’a pas encore soldé ses comptes avec lui.
Conclusion
L’intervention allemande dans la guerre d’Espagne ne fut ni un secours fraternel ni une croisade idéologique, quelles que fussent les convictions anticommunistes de ses acteurs. Elle fut, dans les mots de son responsable suprême prononcés sous serment, l’occasion d’éprouver une jeune force aérienne en conditions de combat. Ce que la propagande nommait défense de la civilisation chrétienne se nommait, dans les états-majors de Berlin, essai d’armement et formation du personnel.
La guerre d’Espagne fut ainsi le lieu où une puissance étrangère apprit à faire la guerre mondiale sur des Espagnols. Elle ne fut ni tout à fait une guerre civile, puisqu’une armée de l’air étrangère y menait ses expériences, ni tout à fait la guerre mondiale, qui n’avait pas encore éclaté. Elle fut leur charnière, le moment où la seconde s’essaya dans le décor de la première. Guernica, Durango, Otxandio et les quatre villages de Castellón furent les épreuves de laboratoire d’une méthode qui allait, en quelques années, faire le tour du monde et de ses horreurs. Et l’homme qui l’avoua, Göring, se donna la mort dans sa cellule de Nuremberg quelques heures avant l’échafaud, emportant dans le silence ce que sa phrase de mars 1946 avait, une fois pour toutes, dit trop clairement.
Note sur l’état de la preuve
Faits établis. La déposition de Göring devant le Tribunal militaire international, le 14 mars 1946, sur la fonction expérimentale de l’intervention, dans le texte officiel du procès. La constitution de la Légion Condor en novembre 1936 sur suggestion de Göring. Le dispositif HISMA-ROWAK et le paiement en matières premières. Le rôle de Sperrle comme commandant de la Légion Condor et sa participation ultérieure aux bombardements de Rotterdam et de Coventry. Les matériels testés en Espagne, Heinkel 111, Messerschmitt 109, Junkers 87 Stuka, canon de 88. La demande de pardon germano-espagnole de novembre 2025.
Attestations à consolider. Les termes exacts de la déclaration de Göring sur Guernica comme banc d’essai, rapportés par plusieurs sources de presse et à confronter au texte intégral des actes de Nuremberg avant citation littérale entre guillemets. Le bombardement expérimental des quatre villages de Castellón par les Stuka en janvier 1938 et son bilan de trente-huit morts, établis notamment par un documentaire récent et qui appellent une confirmation par une source universitaire. Le détail de la comptabilité HISMA-ROWAK et le volume exact des matières premières exportées.
Écarté en l’état. La présentation de l’intervention allemande comme une croisade anticommuniste, démentie par l’aveu de Göring lui-même, qui n’invoque devant ses juges que le test de matériel et la formation du personnel. L’idée que Guernica aurait été un accident ou un objectif militaire manqué, réfutée par la sélection des cibles et par le cas de Castellón. L’exonération de Franco au motif que certains essais furent menés à son insu, l’aide ayant été sollicitée, acceptée et couverte par lui.
Appel à contribution
Ce travail avance par vérification et non par accumulation. Toute donnée vérifiable, référence d’archive, cote, procès-verbal ou pièce d’état civil est la bienvenue. Sont particulièrement recherchés, pour ce chapitre, les documents de la Légion Condor relatifs aux bombardements expérimentaux, les archives HISMA-ROWAK, et toute pièce nominative sur les victimes des bombardements de Castellón de janvier 1938. Les lecteurs qui disposeraient de tels éléments peuvent nous les soumettre : ils seront examinés, et le cas échéant intégrés avec mention de leur provenance.
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Repères bibliographiques
Trial of the Major War Criminals before the International Military Tribunal, Nuremberg, 1947, vol. IX, déposition de Hermann Göring, 14 mars 1946.
Ángel Viñas, La Alemania nazi y el 18 de julio, Alianza, 1977.
Raúl Arias Ramos, La Legión Cóndor en la Guerra Civil, La Esfera de los Libros, 2003.
Klaus A. Maier, Guernica, 26.4.1937. Die deutsche Intervention in Spanien und der “Fall Guernica”, Rombach, 1975.
Stefanie Schüler-Springorum, Krieg und Fliegen. Die Legion Condor im Spanischen Bürgerkrieg, Schöningh, 2010.
Xabier Irujo, Gernika, 1937. The Market Day Massacre, University of Nevada Press, 2015.
1Trial of the Major War Criminals before the International Military Tribunal, Nuremberg, vol. IX, audience du 14 mars 1946, interrogatoire de Hermann Göring par son avocat, le Dr Stahmer. Göring déclare avoir voulu enrayer la propagation du communisme et « éprouver ma jeune Luftwaffe » ; il précise avoir envoyé, avec la permission du Führer, une grande partie de sa flotte de transport et des unités expérimentales de chasseurs, de bombardiers et de canons antiaériens, afin de vérifier en conditions de combat si le matériel était à la hauteur, et avoir assuré un flux continu de personnel pour que celui-ci acquît de l’expérience. Texte officiel du procès (Avalon Project, Yale Law School).
2Sur la naissance de la Légion Condor sur suggestion de Göring et l’intention d’éprouver l’arme aérienne, voir Ángel Viñas, La Alemania nazi y el 18 de julio, Alianza, 1977, et Raúl Arias Ramos, La Legión Cóndor en la Guerra Civil, 2003.
3HISMA (Compañía Hispano-Marroquí de Transportes), constituée à Tétouan le 31 juillet 1936, et ROWAK, société de compensation créée à l’initiative de Göring. Le contrôle des opérations économiques en Espagne revint largement à Johannes Bernhardt.
4Sur les matériels testés et perfectionnés en Espagne et leur rôle dans le réarmement allemand, voir Arias Ramos, ouvrage cité, et Stefanie Schüler-Springorum, Krieg und Fliegen, Schöningh, 2010.
5Déclaration de Göring à Nuremberg sur Guernica comme banc d’essai de la Luftwaffe. Les termes exacts, rapportés par plusieurs sources d’après les actes du procès, doivent être confrontés au texte intégral avant citation littérale entre guillemets. Voir la note sur l’état de la preuve.
6Hugo Sperrle, commandant de la Légion Condor lors du bombardement de Guernica, planifia et dirigea durant la Seconde Guerre mondiale la destruction de Rotterdam (mai 1940) et le bombardement de Coventry. Wolfram von Richthofen, chef d’état-major puis commandant de la Légion, consigna dans son journal l’efficacité du bombardement de Guernica.
7Sur les bombardements expérimentaux de quatre villages de Castellón par des Junkers 87 Stuka en janvier 1938 et leur bilan de trente-huit morts, voir les recherches présentées par le documentaire de SUICAfilms ; le fait appelle une confirmation par une source universitaire avant usage définitif. Attestation à consolider.
8Demande de pardon conjointe de l’Allemagne et de l’Espagne pour le bombardement de Guernica, novembre 2025, en présence du président fédéral allemand, du roi Felipe VI et du lehendakari. Voir le chapitre « Avant Guernica, Otxandio » de cette recherche.