Les yeux de Franco en France
Pedro Urraca Rendueles et la traque des exilés républicains, 1939-1948
Anatomie d’une révolution. Recherche historique sur la révolution sociale pendant la Deuxième République espagnole, 1931-1939, et sur la répression exercée par la dictature totalitaire franquiste au-delà de ses frontières.
Un dossier ouvert par une descendante
Il est rare qu’un persécuteur soit jugé par les siens. Pedro Urraca Rendueles, agent de la police franquiste détaché à Paris pour surveiller, poursuivre et arrêter les exilés républicains réfugiés en France, l’est par sa propre petite-fille. Loreto Urraca Luque a créé en 2013 un site consacré à son grand-père, publié en 2018 le livre Entre hienas. Retrato de familia sobre fondo en guerra, et rejoint en 2021 le collectif international Historias desobedientes, ces familles de bourreaux qui militent pour la vérité, la mémoire et la justice, mouvement né en Argentine en 2017.1
Ce geste n’est pas un détail biographique, c’est un fait moral et documentaire de premier ordre. La descendante du chasseur de rouges a rassemblé, transcrit et publié les rapports que son aïeul rédigeait depuis l’ambassade d’Espagne à Paris, avec leurs cotes d’archives, afin d’en divulguer les victimes. Nul ne saurait accuser cette source d’hostilité partisane envers l’homme qu’elle éclaire, puisqu’elle émane de son propre sang. C’est à partir de ce fonds, et des archives qu’il indexe, que ce chapitre est écrit.
L’exil, de février 1939 à l’Occupation
Il faut d’abord rappeler le décor, car il commande tout. Au début de février 1939, à la chute de la Catalogne, les présidents de la République et des Cortes, les chefs des gouvernements central et autonomes et leurs ministres passèrent en France. On estime qu’entre janvier et février, quelque quatre cent quarante mille personnes fuirent l’Espagne, dont environ trois cent cinquante mille furent internées dans des camps. Beaucoup rentrèrent ou gagnèrent d’autres pays, mais en décembre 1939, il restait encore environ cent quarante mille réfugiés en France.2
Le 25 février 1939, le gouvernement français reconnut officiellement celui de Franco et nomma ambassadeur le maréchal Pétain, héros de la Grande Guerre. Les accords Bérard-Jordana prévoyaient une Commission de récupération des biens, par laquelle la France s’engageait à restituer à l’Espagne franquiste les biens du gouvernement républicain se trouvant sur son territoire. Les dirigeants républicains, eux, transportèrent en exil leurs divisions et leurs rivalités, ce qui affaiblit gravement leurs institutions et leur crédit international. Le lendemain de la reconnaissance de Franco par la France et le Royaume-Uni, le président de la République Manuel Azaña démissionna.3
Dans les départements du sud-ouest, l’administration française, débordée, enferma les exilés dans des camps où ils vivaient entassés, dans des conditions souvent insalubres, et beaucoup moururent de maladie, notamment de dysenterie. Cette misère est le fond sur lequel Urraca allait travailler.
L’arrivée d’un homme
En novembre 1939, l’agent de police Pedro Urraca Rendueles arriva à Paris, détaché de la Dirección General de Seguridad vers l’ambassade, pour resserrer le cercle autour des dirigeants républicains et de leurs partis.4 Les activités politiques des exilés étaient surveillées par un réseau d’informateurs peut-être peu nombreux mais efficaces, et la collaboration de la police française se fit de plus en plus effective.
À l’ambassade dirigée par José Félix de Lequerica, le colonel Antonio Barroso pilotait la Commission de récupération des biens, cherchant à localiser navires, matériel de guerre, immeubles, documents et dépôts bancaires gérés par les républicains. Urraca, lui, tenait l’autre versant, policier, du même dispositif : identifier, suivre, faire arrêter. Il adressait périodiquement ses rapports depuis l’ambassade, et la collection qui en subsiste court de la fin de 1939 à décembre 1941.
La grande rafle de juillet 1940
Avec l’offensive allemande de mai 1940, la traque changea d’échelle. Le gouvernement, les légations et quatre millions de citoyens fuirent Paris vers Bordeaux sous les bombes. Paris, déclarée ville ouverte, fut occupée le 14 juin. Pétain, rentré de Madrid où il était ambassadeur, demanda l’armistice, signé le 22 juin, et la France fut coupée en deux, la zone occupée au nord et à l’ouest, l’État français de Vichy au sud et à l’est. Le régime de Vichy, autoritaire, antisémite et collaborationniste, fit coopérer ses polices avec la police allemande et la police espagnole dans la surveillance des républicains, souvent assignés à des lieux imposés, ce qui rendit la persécution plus facile.5
Dans la nuit du 9 au 10 juillet 1940, profitant du vide de pouvoir qui précéda le vote des pleins pouvoirs à Pétain, les domiciles de nombreux dirigeants républicains furent perquisitionnés. L’ancien président de la République Manuel Azaña, déjà malade, s’était échappé quelques jours plus tôt, mais toute sa famille fut arrêtée. Furent également saisis puis transférés en Espagne Julián Zugazagoitia, ancien ministre de la Gouvernation, et Francisco Cruz Salido, secrétaire à la Défense, tous deux exécutés à Madrid le 9 novembre 1940. Lluís Companys, ancien président de la Generalitat, fut arrêté le 13 août en zone occupée, transféré aussitôt à Madrid puis à Barcelone, et fusillé au château de Montjuïc le 15 octobre 1940.6
Deux documents qui disent tout
De cette matière d’archive, deux pièces se détachent, et elles valent mieux que tout commentaire.
La première est la déclaration manuscrite de Julián Zugazagoitia, rédigée dans le cachot de la Dirección General de Seguridad le 11 août 1940, trois mois avant son exécution. L’homme y raconte sa confiance et sa trahison : il n’avait pas bougé de chez lui, arrêté par les autorités allemandes ; une affiche montrant un soldat allemand tenant un enfant dans ses bras promettait aux populations abandonnées d’avoir confiance dans le soldat allemand ; il crut n’avoir rien à en craindre et resta pour voir de ses propres yeux la conduite des vainqueurs ; et ce fut le soldat allemand qui le tira de son lit pour le renvoyer en Espagne. La victoire de Hitler, se demande-t-il, avait-elle besoin du détail de son arrestation, et celle du Généralissime, en avait-elle besoin. Le document est coté à l’Archivo Histórico Nacional, FC-Ministerio del Interior, Policía H, expediente 240.7 Un homme écrit, depuis sa cellule, la naïveté qui l’a perdu, quelques semaines avant qu’on ne le fusille.
La seconde est la note la plus brève qu’Urraca ait jamais rédigée, sur la mort de celui qui lui avait échappé. Azaña, protégé jusqu’au bout par l’immunité diplomatique mexicaine, mourut à Montauban le 3 novembre 1940. Urraca ne put que constater : Azaña était mort, d’une crise cardiaque, ayant demandé par testament que son corps fût transféré en Espagne, et il avait été jusqu’au dernier moment protégé par le drapeau du Mexique. La note est cotée à l’Archivo General de la Administración, IDD (09)17.12, carton 51/20947, nᵒ 166.8 Le chasseur consigne, en trois phrases sèches, que la proie lui a échappé par la mort. La sobriété du bourreau vaut ici tout le réquisitoire.
L’affaire de l’Alsina
Le dispositif ne visait pas que les grandes figures. En décembre 1940, une opération conjointe culmina à Marseille avec l’arrestation d’un groupe de responsables qui préparaient leur embarquement pour le Mexique sur le paquebot Alsina : Manuel Portela Valladares, Juan Morata Cantón, Pilar Lubián et Ildefonso Irala. On leur saisit de nombreux documents qui servirent de piste à d’autres arrestations, celles de Josep Tarradellas, Ventura Gassol, Federico Miñana, Antoni Escofet ou Mariano Ansó.9
On reconnaît dans cette liste Ventura Gassol, conseiller à la Culture de la Generalitat et figure de l’Olimpiada Popular de 1936, dont le parcours d’exil croise ainsi le filet d’Urraca. Le dispositif fonctionnait par capillarité : un carnet saisi, une adresse trouvée, et la traque rebondissait d’un nom à l’autre.
Le contrepoids mexicain
Face à cette machine, une résistance s’organisa, et elle vint du Mexique. En juillet 1940, le président Lázaro Cárdenas nomma Luis Ignacio Rodríguez Taboada ministre plénipotentiaire en France pour négocier avec Vichy l’évacuation des exilés espagnols. Un accord signé le 22 août 1940 déchargea la France du poids politique et économique des réfugiés de la zone non occupée, Alger et Maroc compris, et étendit la qualité de réfugié aux membres des Brigades internationales, aux séfarades et aux intellectuels allemands persécutés par les nazis.10
Mais l’acte le plus décisif de l’ambassadeur mexicain fut de protéger Azaña, gravement malade, du cercle policier. Rodríguez Taboada transforma en légation diplomatique cinq chambres de l’Hôtel du Midi à Montauban, où il logea le président, et c’est le drapeau mexicain à la façade qui couvrit le cercueil d’Azaña sur le chemin du cimetière. Urraca ne put l’arrêter, et sa note du 6 novembre en fut le constat d’échec. Le Mexique de Cárdenas, ici comme dans l’accueil des vingt mille réfugiés dont ce livre parle ailleurs, fut le rare État à opposer sa souveraineté au filet franquiste.
Une justice qui absout, un service qui dure
Le sort ultérieur d’Urraca est le cœur de la démonstration, car il incarne l’impunité que ce livre suit de chapitre en chapitre.
Condamné à mort par contumace en France en 1948 pour intelligence avec l’ennemi durant l’Occupation, Urraca avait alors regagné l’Espagne depuis des mois. Loin d’être inquiété, il poursuivit sa carrière policière, revint au Cuerpo General de Policía, atteignit le grade de commissaire principal, et demeura au service de l’État espagnol jusqu’en 1982, ses dernières années s’écoulant au consulat général d’Anvers, où sa charge consistait encore à surveiller les émigrés. Il bénéficia des amnisties françaises de 1953 et de 1974, qui effacèrent la condamnation, et mourut en 1989, sans avoir jamais répondu de ses actes.11
La mécanique de cette impunité a été analysée ailleurs dans cette recherche : l’exception d’infraction politique fermant l’extradition, la condamnation par contumace tenue pour titre insuffisant, l’Espagne ne livrant jamais son propre agent, puis les amnisties françaises effaçant la peine et la prescription achevant l’ouvrage. Urraca ne fut pas un fugitif caché. Il fut un agent accrédité d’un État reconnu, protégé par son statut, et la France, par sa propre législation, effaça ce que sa propre justice avait prononcé.
La piste Jean Moulin, hypothèse à tenir pour telle
Il faut aborder ici la thèse la plus spectaculaire du livre de Loreto Urraca, et le faire avec la prudence qu’elle impose. Entre hienas avance l’implication possible de Pedro Urraca dans la capture de Jean Moulin, chef de la Résistance française, par le truchement d’un croisement avec Antoinette Sachs, proche de Moulin.
Cette hypothèse ne peut être présentée comme un fait établi, et l’autrice elle-même ne la présente pas ainsi. Elle qualifie son ouvrage de roman à cheval entre la fiction et l’Histoire, novela a caballo entre la ficción y la Historia. Il faut donc distinguer nettement deux strates dans cette source. D’un côté, les rapports de Paris, transcrits et cotés, qui sont de l’archive pure et constituent un matériau de premier ordre. De l’autre, la reconstruction romanesque, dont le lien avec Jean Moulin fait partie, qui relève de l’hypothèse d’autrice et doit être attribuée comme telle, jamais avancée comme démontrée.12 La rigueur commande de citer abondamment la première strate et de tenir la seconde au conditionnel, au compte de Loreto Urraca.
Conclusion
Pedro Urraca fut, selon le titre que sa petite-fille a donné au dossier, les yeux de Franco en France. Détaché à Paris en novembre 1939, il tissa, avec la complicité successive de la police française, du régime de Vichy et de l’occupant allemand, le filet qui fit livrer et fusiller Companys, Zugazagoitia et Cruz Salido, et qui poursuivit jusque dans la mort un Azaña sauvé in extremis par le drapeau d’un autre État.
Son histoire dit trois choses que ce livre ne cesse de retrouver. Que la répression franquiste ne s’arrêta pas aux Pyrénées, mais suivit les vaincus dans leur exil. Que les régimes fascistes se prêtaient leurs polices par-dessus les frontières, l’Allemagne arrêtant pour l’Espagne, Vichy livrant, Madrid fusillant. Et que l’impunité fut la règle, puisque l’homme qui organisa ces livraisons mourut commissaire honoré, quarante-neuf ans après avoir commencé sa traque.
Mais l’histoire d’Urraca dit aujourd’hui une quatrième chose, que son époque n’avait pas prévue. Elle est racontée par sa petite-fille, qui a ouvert les archives de son grand-père pour nommer ses victimes. Là où l’État a absous, la descendance instruit. C’est une justice tardive, privée, sans tribunal ni sentence, mais c’est la seule qui ait fini par se prononcer sur le cas Urraca, et elle est venue de la seule personne que le sang n’obligeait pas à parler.
Note sur l’état de la preuve
Faits établis. L’arrivée d’Urraca à Paris en novembre 1939, détaché de la DGS vers l’ambassade. La rafle de la nuit du 9 au 10 juillet 1940 et les arrestations de la famille Azaña, de Zugazagoitia et de Cruz Salido. Les exécutions de Zugazagoitia et Cruz Salido le 9 novembre 1940 et de Companys le 15 octobre 1940. La déclaration manuscrite de Zugazagoitia du 11 août 1940 (AHN, FC-Mº Interior, Policía H, exp. 240) et la note d’Urraca sur la mort d’Azaña du 6 novembre 1940 (AGA, IDD (09)17.12, carton 51/20947, nᵒ 166). L’affaire de l’Alsina de décembre 1940. La protection d’Azaña par l’ambassadeur mexicain Rodríguez Taboada. La condamnation d’Urraca par contumace en France en 1948, les amnisties de 1953 et 1974, et son maintien en service jusqu’en 1982. La création du site et du livre par Loreto Urraca Luque et son engagement dans Historias desobedientes.
Attestations à consolider. L’ampleur exacte du réseau d’informateurs d’Urraca. La part respective de la police française, de Vichy et de l’occupant allemand dans chaque arrestation, à établir dossier par dossier d’après les cotes indiquées. Le détail des arrestations en cascade nées de l’affaire de l’Alsina.
Écarté en l’état. L’implication de Pedro Urraca dans la capture de Jean Moulin, avancée par Entre hienas, ouvrage que son autrice qualifie de roman à cheval entre fiction et Histoire : cette piste relève de l’hypothèse d’autrice et ne peut être présentée comme un fait. Toute présentation d’Urraca comme un fugitif caché en Belgique, alors qu’il y était agent accrédité d’un État reconnu.
Appel à contribution
Ce travail avance par vérification et non par accumulation. Toute donnée vérifiable, référence d’archive, cote, procès-verbal ou pièce d’état civil est la bienvenue. Sont particulièrement recherchés, pour ce chapitre, les rapports de Pedro Urraca encore inédits, les dossiers judiciaires français de sa condamnation de 1948, et toute pièce relative aux victimes citées dans ses notes. Les lecteurs qui disposeraient de tels éléments peuvent nous les soumettre : ils seront examinés, et le cas échéant intégrés avec mention de leur provenance.
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Sources et repères
Loreto Urraca Luque, Entre hienas. Retrato de familia sobre fondo en guerra, 2018, et le site https://www.pedrourraca.info/, en particulier la section Los informes de París et ses sources documentaires.
Urraca, cazador de rojos, documentaire de la société Quindrop, 2022.
Les rapports de Paris : Archivo General de la Administración, Alcalá de Henares, fonds Movimiento Nacional, Delegación Nacional del Servicio Exterior, IDD (09)017.12, cartons 51/20947 et 51/20886 ; Asuntos Exteriores, Francia, Embajada de España en París, IDD (10)097, cartons 54/11287, 54/11288, 54/11326.
Sabino Arana Fundazioa, Bilbao, fonds Comisión de Recuperación de Material en Francia, cartons CR 6 C.27, CR 11 C.4, CR 13 C.2.
Archives nationales de France ; Archives de la préfecture de police de Paris ; musée Jean Moulin, fonds Sasse ; Archivo Histórico Nacional ; Arxiu Nacional de Catalunya ; United Kingdom Public Record Office.
1Site https://www.pedrourraca.info/, créé en 2013 par Loreto Urraca Luque, petite-fille de Pedro Urraca Rendueles. Livre Entre hienas. Retrato de familia sobre fondo en guerra, 2018. Le collectif Historias desobedientes, familles de génocidaires pour la vérité, la mémoire et la justice, est né en Argentine en 2017 ; Loreto Urraca y adhère depuis 2021.
2Chiffres de l’exode de janvier-février 1939, environ quatre cent quarante mille personnes dont trois cent cinquante mille internées, et cent quarante mille réfugiés encore présents en décembre 1939, d’après la synthèse du site pedrourraca.info, section De una guerra a otra.
3Reconnaissance du gouvernement de Franco par la France le 25 février 1939, nomination de Pétain comme ambassadeur, accords Bérard-Jordana et Commission de récupération des biens, démission d’Azaña. Mêmes sources.
4Arrivée d’Urraca à Paris en novembre 1939, détaché de la Dirección General de Seguridad vers l’ambassade dirigée par José Félix de Lequerica ; rôle du colonel Antonio Barroso à la Commission de récupération des biens. La collection de rapports conservée court jusqu’en décembre 1941.
5Occupation de Paris le 14 juin 1940, armistice du 22 juin, partition de la France, nature du régime de Vichy et collaboration des polices française, allemande et espagnole dans la surveillance des républicains.
6Rafle de la nuit du 9 au 10 juillet 1940 ; fuite d’Azaña et arrestation de sa famille ; arrestation, transfert et exécution de Zugazagoitia et Cruz Salido (9 novembre 1940) et de Companys (arrêté le 13 août, fusillé le 15 octobre 1940). Le site note que les exécutions de Companys, Zugazagoitia et Cruz Salido furent mal reçues par Vichy, qui continua de collaborer mais cessa d’extrader certains dirigeants.
7Déclaration manuscrite de Julián Zugazagoitia, cachot de la DGS, 11 août 1940, Archivo Histórico Nacional, FC-Ministerio del Interior, Policía H, expediente 240, citée et transcrite sur pedrourraca.info.
8Note de Pedro Urraca sur la mort de Manuel Azaña, Paris, 6 novembre 1940, Archivo General de la Administración, IDD (09)17.12, carton 51/20947, nᵒ 166. Azaña mourut à Montauban le 3 novembre 1940 ; la note d’Urraca porte par erreur la date du 30 octobre.
9Affaire de l’Alsina, Marseille, décembre 1940 : arrestation de Portela Valladares, Morata Cantón, Pilar Lubián et Ildefonso Irala, puis, sur documents saisis, de Tarradellas, Gassol, Miñana, Escofet et Ansó.
10Nomination de Luis Ignacio Rodríguez Taboada par Lázaro Cárdenas en juillet 1940, accord du 22 août 1940 avec Vichy, extension de la qualité de réfugié, et protection d’Azaña à l’Hôtel du Midi de Montauban sous immunité diplomatique mexicaine.
11Condamnation d’Urraca par contumace en 1948, amnisties françaises de 1953 et 1974, maintien en service jusqu’en 1982, dernières années au consulat général d’Anvers, mort en 1989. Sur la mécanique de l’impunité, voir le chapitre « Le franquisme par guichet » de cette recherche.
12L’implication de Pedro Urraca dans la capture de Jean Moulin est avancée dans Entre hienas, que son autrice qualifie elle-même de novela a caballo entre la ficción y la Historia. Elle est ici tenue pour une hypothèse d’autrice et non pour un fait établi. Le fonds Sasse du musée Jean Moulin figure parmi les archives consultées par Loreto Urraca.