Témoins de la guerre d’Espagne (1936-1939) : reporters, écrivains, combattants et poètes
Ceux qui furent sur place et qui écrivirent ce qu’ils avaient vu, vécu, combattu, compris — ou cru comprendre.
Peu de conflits du XXᵉ siècle ont autant attiré écrivains, poètes, photographes et grands reporters que la guerre d’Espagne. Entre 1936 et 1939, l’Espagne fut le rendez-vous d’une génération de témoins venus du monde entier : correspondants, combattants, militants, diplomates, intellectuels ou poètes. Beaucoup laissèrent ensuite des livres devenus des classiques ; d’autres publièrent des reportages, des journaux ou des mémoires dont la valeur tient précisément à leur proximité avec l’événement.
Cette sélection entend le mot témoignage au sens large : reportage rédigé sur place, journal, mémoire, autobiographie, œuvre littéraire directement issue de l’expérience vécue ou témoignage photographique. Elle distingue, lorsque cela est nécessaire, le document contemporain de la reconstruction mémorielle et la fiction du récit factuel. Elle ne prétend pas à l’exhaustivité. Pour le contexte général du conflit et de son internationalisation, voir également La défaite de la République espagnole.
Écrivains engagés, combattants et philosophes
George Orwell (britannique, milicien du POUM) — Hommage à la Catalogne (Homage to Catalonia, 1938). Engagé dans la milice du POUM sur le front d’Aragon, blessé à la gorge, Orwell assiste aux journées de Mai 1937 à Barcelone, affrontement interne au camp républicain auquel succèdent la répression du POUM et la montée en puissance des communistes. Récit désabusé de « la guerre dans la guerre », devenu un classique de la littérature politique. La Fondation Orwell présente l’ouvrage et le parcours espagnol de l’écrivain.
André Malraux (français, organisateur de l’escadrille España) — L’Espoir (1937, roman). Écrit à chaud par un homme qui organisa et dirigea une escadrille au service de la République. Fresque des premiers mois du conflit, tiraillée entre la ferveur révolutionnaire et les exigences de l’efficacité militaire. Malraux en tira aussi le film Sierra de Teruel (1939). Sur son engagement espagnol et son rapport ultérieur à cette mémoire, voir aussi Quand le grand Malraux se faisait tout petit.
Ernest Hemingway (américain, correspondant de l’agence NANA) — Pour qui sonne le glas (For Whom the Bell Tolls, 1940, roman). Il couvrit la guerre pour la North American Newspaper Alliance et collabora au documentaire The Spanish Earth. Son roman, centré sur un volontaire américain chargé de faire sauter un pont, demeure l’une des œuvres littéraires les plus célèbres inspirées par le conflit. Il signa aussi la pièce La Cinquième Colonne.
Arthur Koestler (hongro-britannique, correspondant et agent du Komintern) — Un testament espagnol (Spanish Testament, 1937 ; repris sous le titre Dialogue avec la mort). Capturé par les franquistes à Málaga, condamné à mort et emprisonné à Séville, Koestler raconte l’attente de l’exécution. Témoignage majeur sur la répression nationaliste, par un homme qui rompra bientôt avec le communisme.
Georges Bernanos (français, écrivain catholique, résidant à Majorque) — Les Grands Cimetières sous la lune (1938). Monarchiste et catholique, Bernanos vécut à Majorque et y vit la terreur nationaliste menée avec la complicité d’une partie du clergé local. Son pamphlet indigné dénonce les exécutions de masse depuis l’intérieur même d’un milieu initialement favorable au soulèvement ; sa force tient précisément à cette rupture.
Gustav Regler (allemand, commissaire politique de la XIIᵉ Brigade internationale) — The Great Crusade (1940, roman, préface d’Hemingway). Écrivain antinazi exilé, commissaire au front et blessé au combat, Regler romança l’expérience des Brigades internationales. Il y reviendra, désillusionné, dans ses mémoires Le Glaive et le Fourreau (The Owl of Minerva).
Simone Weil (française, philosophe, volontaire auprès de la colonne Durruti) — Journal d’Espagne et Lettre à Georges Bernanos, textes repris dans ses Écrits historiques et politiques. Partie en Espagne en août 1936, elle rejoint le groupe international de la colonne Durruti sur le front d’Aragon. Son séjour est bref, mais son témoignage est d’une rare puissance : engagée du côté révolutionnaire, elle refuse pourtant de taire la violence observée dans son propre camp. Une étude des Presses universitaires de Rennes retrace son engagement dans la guerre d’Espagne.
Grands reporters et correspondants
Henry Buckley (britannique, Daily Telegraph) — The Life and Death of the Spanish Republic (1940). Présent en Espagne depuis l’avènement de la République en 1931 jusqu’à la défaite, Buckley livre l’un des témoignages journalistiques les plus complets de toute la période. Longtemps introuvable — une partie de l’édition de 1940 fut détruite lors d’un bombardement de Londres —, le livre a depuis été réédité avec une préface de Paul Preston.
George L. Steer (britannique/sud-africain, The Times) — The Tree of Gernika (1938). Correspondant sur le front basque, il fut le premier à révéler au monde le bombardement de Guernica par la Légion Condor, en avril 1937. Son livre est une étude de terrain de la guerre moderne et de l’écrasement de l’Euskadi. Son rôle dans la révélation de Guernica prend tout son sens replacé dans la campagne aérienne qui avait déjà frappé le Pays basque : Avant Guernica, Otxandio.
Herbert L. Matthews (américain, New York Times) — Two Wars and More to Come (1938) ; plus tard The Education of a Correspondent et Half of Spain Died. Correspondant engagé du côté républicain, il couvrit notamment les batailles de Teruel et de l’Èbre. Ses reportages et son positionnement assumé en firent une figure débattue du journalisme de guerre.
Louis Delaprée (français, Paris-Soir) — Le Martyre de Madrid (1937, posthume). Envoyé spécial, il décrivit à la fin de 1936 les bombardements aériens sur les civils de Madrid. Ses derniers articles ayant été tronqués par sa rédaction, il protesta ; il mourut peu après dans le crash de son avion. Ses chroniques, publiées après sa mort, forment un réquisitoire contre la guerre aérienne totale.
Noel Monks (australien, Daily Express) — Eyewitness (1955). Parmi les premiers reporters à entrer dans Guernica en flammes, il consacra une partie de ses mémoires à réfuter la version franquiste selon laquelle les Basques auraient incendié leur propre ville.
Virginia Cowles (américaine, correspondante indépendante) — Looking for Trouble (1941). Reporter passée du reportage mondain à la guerre, elle couvrit successivement les deux camps. Son récit offre un regard rare et vivant, comparant de l’intérieur l’Espagne républicaine et l’Espagne franquiste.
Geoffrey Cox (néo-zélandais, News Chronicle) — Defence of Madrid (1937). Jeune correspondant présent lors de la bataille de Madrid à l’automne 1936, il en tira un récit immédiat et détaillé de la résistance de la capitale, l’un des tout premiers livres publiés sur le conflit.
Franz Borkenau (autrichien, sociologue et journaliste) — The Spanish Cockpit (1937). Fruit de deux voyages en 1936-1937, cette analyse d’un ancien communiste décrit la révolution sociale, les luttes internes du camp républicain et l’influence croissante du Parti communiste. Orwell le tenait pour l’un des meilleurs livres consacrés à la guerre.
Martha Gellhorn (américaine, Collier’s) — reportages d’Espagne rassemblés dans The Face of War (1959). Elle couvrit surtout la vie des civils sous les bombes à Madrid. Bien avant que sa relation avec Hemingway ne devienne l’élément le plus souvent retenu par les biographies, elle s’imposa par son propre travail comme l’une des grandes reporters de guerre du siècle.
John Dos Passos (américain) — Journeys Between Wars (1938) et le roman Adventures of a Young Man (1939). Venu en 1937 pour travailler au film The Spanish Earth, il rompit avec Hemingway et s’éloigna du communisme après l’arrestation puis l’exécution de son ami José Robles, dans le contexte de la répression politique et de l’influence soviétique en zone républicaine. Les responsabilités précises dans l’affaire Robles ont cependant fait l’objet de controverses historiographiques.
Antoine de Saint-Exupéry (français, L’Intransigeant puis Paris-Soir) — Reportages sur la guerre d’Espagne (1936-1937). Deux voyages, deux séries de textes : Barcelone en août 1936 pour L’Intransigeant, puis Madrid et le front en 1937 pour Paris-Soir. Il en tira quelques-unes de ses pages les plus méditatives sur la guerre, la peur, les hommes et la fraternité. La chronologie et les articles sont présentés par le site officiel Antoine de Saint-Exupéry.
Ksawery Pruszyński (polonais, Wiadomości Literackie) — W czerwonej Hiszpanii (« En Espagne rouge », 1937). Reportages d’un jeune correspondant catholique et libéral favorable à la République. Son livre est tenu pour une œuvre majeure du reportage littéraire polonais.
Claud Cockburn, alias « Frank Pitcairn » (britannique, Daily Worker) — Reporter in Spain (1936). Journaliste communiste et propagandiste assumé, proche du Komintern. Témoignage militant des débuts de la guerre, à lire comme tel, mais précieux pour comprendre aussi la fabrication de l’information dans le camp républicain.
Josephine Herbst (américaine, romancière et correspondante) — The Starched Blue Sky of Spain (mémoire publié à titre posthume en 1991). Présente à Madrid en 1937, proche des cercles d’Hemingway et de Dos Passos, elle laissa un récit intime et désabusé, attentif aux engagements politiques comme aux zones d’ombre du camp républicain.
Combattants des Brigades internationales et volontaires
Esmond Romilly (britannique, volontaire) — Boadilla (1937). Neveu par alliance de Winston Churchill, il combattit avec les Brigades internationales à Boadilla del Monte, fin 1936, où presque tous ses camarades britanniques furent tués. Récit juvénile et poignant d’un engagement à contre-courant de son milieu.
Ludwig Renn (allemand, chef d’état-major de la XIᵉ Brigade internationale) — Der spanische Krieg (« La Guerre d’Espagne », 1955). Écrivain communiste et officier de carrière, ancien de 1914-1918, il commanda le bataillon Thälmann et combattit au Jarama. Ses mémoires donnent une lecture militaire précise d’une expérience publiée bien après les événements.
Randolfo Pacciardi (italien, commandant du bataillon Garibaldi) — Il battaglione Garibaldi (1938). Républicain antifasciste exilé, il organisa et commanda le bataillon des volontaires italiens qui combattit notamment à Guadalajara contre les forces envoyées par Mussolini. Récit d’une guerre où des Italiens antifascistes affrontèrent des Italiens fascistes sur le sol espagnol.
Pietro Nenni (italien, commissaire politique auprès des Brigades) — Spagna (1958). Dirigeant socialiste italien, il tira de son expérience un livre de réflexion politique sur la guerre, sa signification et ses leçons pour l’antifascisme européen.
Jef Last (néerlandais, écrivain et milicien) — Brieven uit Spanje (« Lettres d’Espagne », 1936) et De Spaanse tragedie. Écrivain engagé, il combattit dans les milices et accompagna un temps André Gide ; ses lettres et récits disent l’enthousiasme des débuts puis les désillusions.
Jason Gurney (britannique, volontaire) — Crusade in Spain (1974). Sculpteur londonien engagé dans le bataillon britannique, grièvement blessé au Jarama. Mémoire tardif, lucide et désenchanté, sur l’écart entre l’idéal du volontaire et la réalité du front.
Laurie Lee (britannique, volontaire des Brigades internationales) — A Moment of War (1991). Revenu en Espagne à la fin de 1937 pour rejoindre la cause républicaine, Lee transforma plusieurs décennies plus tard cette expérience en un récit littéraire d’une grande puissance. Sa présence dans les Brigades est attestée, mais certains détails de son livre, reconstruit longtemps après les faits, ont été discutés. Ce cas illustre précisément la différence entre témoignage vécu et mémoire reconstruite.
Témoins espagnols : la République vue de l’intérieur
Arturo Barea (espagnol, responsable de la censure de la presse étrangère à Madrid) — La forja de un rebelde (trilogie ; le tome La llama, 1946). Madrilène, il dirigea le bureau qui encadrait les correspondants étrangers pendant le siège de la capitale. Le dernier volume offre un témoignage de l’intérieur sur Madrid assiégé et sur les rivalités du camp républicain. L’ouvrage fut écrit en exil.
Manuel Chaves Nogales (espagnol, journaliste) — A sangre y fuego. Héroes, bestias y mártires de España (1937). Journaliste libéral et républicain, il condamne la violence des deux camps. Recueil de récits écrit dès l’exil, longtemps oublié puis redécouvert comme l’un des grands textes journalistiques espagnols sur la guerre.
Clara Campoamor (espagnole, juriste et ancienne députée républicaine) — La revolución española vista por una republicana (1937). Défenseure décisive du suffrage féminin sous la République, Campoamor se trouve à Madrid lorsque commence le soulèvement. Son livre est l’un des témoignages républicains les plus précoces sur les origines, les violences et les conséquences politiques du conflit. Il vaut aussi par son indépendance : républicaine, elle ne transforme pas son appartenance en absolution. Sur sa place dans l’histoire de la République, voir L’Espagne entre 1868 et 1936. Une édition documentée de son témoignage est présentée par Editorial Renacimiento.
Constancia de la Mora (espagnole, responsable de la presse étrangère de la République) — In Place of Splendor (1939). Issue de l’aristocratie espagnole, passée à la cause républicaine, elle travailla dans les services chargés de la presse étrangère. Son récit est à la fois autobiographie, défense politique de la République et instrument de mobilisation internationale. Sa genèse littéraire exige cependant une réserve : des recherches ont montré le rôle rédactionnel important joué par l’écrivaine américaine Ruth McKenney dans la mise en forme du livre.
María Teresa León (espagnole, écrivaine et militante républicaine) — Memoria de la melancolía (1970). Très engagée dans la vie culturelle républicaine pendant la guerre, elle participa notamment à la protection et à l’évacuation d’œuvres du patrimoine artistique. Ses mémoires, écrites depuis l’exil, reconstruisent plusieurs décennies plus tard la guerre, la défaite et la disparition d’un monde. La Biblioteca Virtual Miguel de Cervantes classe précisément cette œuvre parmi les récits personnels de la guerre et la littérature de l’exil.
Regards soviétiques
Mikhaïl Koltsov (soviétique, Pravda) — Diario de la guerra española (Journal de la guerre d’Espagne). Correspondant vedette et émissaire officieux de Staline, très introduit dans les cercles du pouvoir républicain, il livre un journal mêlant reportage, engagement politique et coulisses du pouvoir. Hemingway s’en inspira pour le personnage de Karkov. Rappelé à Moscou, Koltsov fut exécuté pendant les purges staliniennes.
Ilya Ehrenbourg (soviétique, Izvestia) — chroniques de guerre, reprises plus tard dans ses mémoires Les Hommes, les années, la vie. Écrivain-reporter sillonnant les fronts, propagandiste habile mais observateur pénétrant, il fut l’un des grands relais de la cause républicaine en Union soviétique.
Poètes présents en Espagne
Pablo Neruda (chilien, consul à Madrid) — España en el corazón (1937). Consul du Chili au début de la guerre, bouleversé par l’assassinat de son ami Federico García Lorca, il écrivit ce recueil de poèmes de combat, directement issu de son expérience espagnole.
César Vallejo (péruvien) — España, aparta de mí este cáliz (1939, posthume). Le grand poète péruvien vint en Espagne lors du Congrès international des écrivains pour la défense de la culture en 1937. Ce cycle de poèmes, parmi les plus puissants inspirés par la guerre, parut peu après sa mort.
Nicolás Guillén (cubain) — España. Poema en cuatro angustias y una esperanza (1937). Poète cubain venu au Congrès de 1937, il traduisit son engagement en un long poème de solidarité avec la République.
Langston Hughes (américain, correspondant de la presse afro-américaine) — récit repris dans I Wonder as I Wander (1956). Envoyé à Madrid en 1937 pour le Baltimore Afro-American, le poète de la Harlem Renaissance s’intéressa notamment au sort des volontaires noirs américains des Brigades internationales et raconta plus tard ce séjour dans ses mémoires.
Stephen Spender (britannique, poète) — poèmes et autobiographie World Within World (1951). Venu en Espagne et participant au Congrès de 1937, brièvement lié au Parti communiste, il évoqua la guerre dans ses vers et ses mémoires avec le recul critique de son désengagement ultérieur.
Témoignages du camp nationaliste
Peter Kemp (britannique, engagé du côté franquiste) — Mine Were of Trouble (1957). L’un des rares Britanniques à avoir combattu pour Franco, d’abord avec les Requetés puis dans la Légion. Il donne un témoignage de l’intérieur du camp nationaliste, y compris sur l’exécution de prisonniers : une source d’autant plus précieuse qu’elle provient d’un combattant favorable aux insurgés.
Cecil Gerahty (britannique, favorable aux nationalistes) — The Road to Madrid (1937). Correspondant acquis à la cause franquiste, il offre le pendant de la littérature républicaine. Son intérêt documentaire tient aussi à ses partis pris : il permet d’observer de l’intérieur le langage, les justifications et la propagande du camp insurgé.
Le témoignage par l’image
Robert Capa (hongrois, photographe) et Gerda Taro (allemande, photographe) — Death in the Making (1938, album photographique). Capa est l’auteur de l’une des photographies les plus célèbres du conflit, The Falling Soldier, dont les circonstances exactes ont fait l’objet d’une longue controverse. Gerda Taro, sa compagne et collaboratrice, fut tuée à Brunete en juillet 1937. L’album publié en 1938, dédié à sa mémoire, constitue l’un des grands témoignages visuels de la guerre.
Comment lire ces témoignages ?
Ces livres ne disent pas tous la même chose, et c’est précisément pourquoi ils sont utiles. Orwell ne voit pas la même guerre que Matthews ; Bernanos ne la regarde pas depuis le même lieu moral que Kemp ; Campoamor n’écrit pas depuis la même position que Constancia de la Mora ; Steer observe le Pays basque bombardé quand Barea travaille dans Madrid assiégé. Certains écrivent pendant la guerre, d’autres quelques mois après, d’autres encore reconstruisent leur expérience vingt, trente ou cinquante ans plus tard.
Le témoignage n’est donc pas la vérité à lui seul. Il est une source située. Sa valeur naît de la confrontation : une date contre une autre, un témoin contre un autre, le récit contre l’archive, l’image contre la légende, l’engagement proclamé contre ce que l’auteur accepte malgré tout de raconter. C’est dans ces écarts que l’histoire devient lisible.
Autres témoins à explorer
Cette liste demeure sélective. D’autres figures pourraient y prendre place : W. H. Auden et son poème Spain (1937), Jay Allen et son reportage sur Badajoz, Kate Mangan, Mathieu Corman avec Salud Camarade ! (1937), témoin de Guernica, ou encore Pierre van Paassen avec Days of Our Years (1939). Leur intégration dépendra du même critère : présence effective en Espagne, identification de l’œuvre issue de cette expérience et distinction claire entre document contemporain, mémoire et reconstruction littéraire.