Annexe I. La défaite de la République espagnole
Convergence internationale et état des sources
Note liminaire
La victoire de Franco ne s’explique pas par le seul affrontement intérieur espagnol. Elle résulte d’un ensemble de facteurs concomitants : l’intervention militaire de l’Allemagne nazie et de l’Italie fasciste, la non-intervention franco-britannique, le soutien du Portugal de Salazar, la légitimation apportée par une partie de l’Église catholique, des circuits financiers et industriels privés, l’approvisionnement pétrolier américain, et la reconnaissance diplomatique anticipée des démocraties libérales.
L’historiographie dominante ne retient pas l’hypothèse d’un complot centralisé, mais celle d’une convergence d’intérêts hétérogènes, militaires, conservateurs, catholiques, anticommunistes, financiers et géostratégiques, dont l’effet cumulé fut d’isoler la République et de favoriser le camp insurgé. Cette annexe rassemble l’état des faits établis et l’appareil documentaire sur lesquels repose la démonstration du présent volume. Elle privilégie les sources primaires, les archives parlementaires, les travaux universitaires évalués par les pairs et les synthèses historiques reconnues.
Bibliographie de travail
-
Paul Preston, The Spanish Civil War : Reaction, Revolution and Revenge, et The Spanish Holocaust.
-
Ángel Viñas, travaux sur l’aide étrangère, les finances de la guerre et l’or de la Banque d’Espagne, notamment El oro de Moscú et La soledad de la República.
-
Gerald Howson, Arms for Spain : The Untold Story of the Spanish Civil War.
-
Helen Graham, The Spanish Republic at War, 1936-1939.
-
Julián Casanova, travaux sur la violence, la République, la révolution et l’Église, notamment The Spanish Republic and Civil War.
-
Hilari Raguer, Gunpowder and Incense : The Catholic Church and the Spanish Civil War.
-
Michael Alpert, A New International History of the Spanish Civil War et The Republican Army in the Spanish Civil War.
-
Antony Beevor, The Battle for Spain : The Spanish Civil War, 1936-1939.
-
Stanley G. Payne, The Spanish Civil War, The Franco Regime, 1936-1975 et Franco and Hitler.
-
Robert Stradling, The Irish and the Spanish Civil War, 1936-1939, et Fearghal McGarry, Irish Politics and the Spanish Civil War (Cork University Press, 1999), pour l’engagement irlandais.
-
Geneviève Dreyfus-Armand, L’Exil des républicains espagnols en France. De la guerre civile à la mort de Franco (Albin Michel, 1999), pour la Retirada et l’exil républicain.
État des faits établis
-
Le conflit s’ouvre par un soulèvement militaire dirigé contre la Seconde République espagnole, gouvernement légalement constitué. À son origine, il ne constitue pas un affrontement entre deux camps équivalents, mais une tentative de renversement armé de l’ordre constitutionnel.
-
Le coup d’État de juillet 1936 n’aboutit que partiellement. L’échec des insurgés à s’emparer immédiatement de Madrid, Barcelone et Valence transforme le putsch en guerre prolongée et partage le territoire entre zone républicaine et zone nationaliste.
-
L’Allemagne nazie apporte au camp franquiste une aide militaire substantielle : aviation, armement, conseillers et appui aérien, notamment par la Légion Condor. Le conflit lui sert également de terrain d’expérimentation avant 1939.
-
L’Italie fasciste intervient massivement aux côtés de Franco, par l’envoi de troupes, d’aviation, de blindés, de matériel et de conseillers. Cette aide pèse de manière déterminante sur le rapport de forces.
-
Le Portugal de Salazar soutient le camp insurgé. L’Estado Novo joue le rôle de base arrière, de couloir logistique et de relais diplomatique. Plusieurs milliers de volontaires portugais, les « Viriatos », combattent dans les rangs nationalistes.
-
La politique de non-intervention avantage objectivement Franco. Si plus de deux douzaines d’États signent l’accord, l’Allemagne et l’Italie le violent ouvertement en continuant d’armer les insurgés, tandis que la République se trouve privée d’un accès régulier au marché des armes.
-
La France et le Royaume-Uni occupent une position centrale dans ce dispositif. Présentée comme un moyen d’éviter l’internationalisation du conflit, leur politique contribue surtout à l’isolement de la République, alors que les puissances de l’Axe soutiennent matériellement le camp adverse.
-
La France et le Royaume-Uni reconnaissent le gouvernement de Franco le 27 février 1939, avant l’achèvement complet des opérations militaires. Cette reconnaissance anticipe et accompagne la victoire nationaliste.
-
Une large part de l’Église catholique espagnole apporte au camp franquiste une légitimation religieuse. La Lettre collective de l’épiscopat espagnol, du 1ᵉʳ juillet 1937, présente le conflit comme un affrontement spirituel et lui confère une justification internationale.
-
Il convient de distinguer l’épiscopat espagnol, massivement favorable aux insurgés, de la diplomatie vaticane, plus prudente. La propagande franquiste n’en bénéficie pas moins de la lecture religieuse du conflit, qui présente Franco en défenseur de l’Église contre l’anticléricalisme républicain.
-
Des volontaires étrangers favorables à Franco existent, notamment portugais et irlandais. Il faut les distinguer des interventions d’État. L’Irlande officielle demeure neutre, tandis qu’environ sept cents volontaires, sur quelque sept mille candidats, rejoignent la brigade d’Eoin O’Duffy par conviction catholique et anticommuniste (R. Stradling ; F. McGarry).
-
Des compagnies privées américaines, Texaco sous la direction de Torkild Rieber au premier rang, apportent au camp franquiste un appui matériel décisif, pétrole, crédits et renseignements. Ce dossier est développé dans le chapitre « Le pétrole n’est pas une arme ».
-
D’autres entreprises privées étrangères contribuent à l’effort de guerre nationaliste, par les carburants, les véhicules, les crédits, les transports et les approvisionnements. Cette complicité économique ne relève pas toujours d’une politique d’État, mais elle pèse sur la capacité militaire des insurgés.
-
L’Union soviétique soutient la République, mais cette aide demeure tardive, coûteuse, politiquement conditionnée et financée en grande partie par les réserves d’or espagnoles. Elle ne compense pas l’isolement diplomatique imposé par la non-intervention occidentale.
-
Le Mexique soutient la République. Son appui, politique et matériel, constitue l’un des rares soutiens étatiques clairs à la légalité républicaine.
-
Les Brigades internationales représentent une mobilisation antifasciste transnationale. Des dizaines de milliers de volontaires venus de nombreux pays rejoignent la République. Elles ne sont pas l’équivalent d’une intervention étatique, mais une réponse militante à l’abandon diplomatique de la République.
-
La Retirada de 1939 provoque l’exil massif des républicains. Près d’un demi-million de personnes franchissent les Pyrénées vers la France entre la fin de janvier et la mi-février 1939, dans des conditions très difficiles. L’estimation la mieux recoupée fait état d’environ 475 000 passages, le rapport officiel français de mars 1939 dénombrant encore 440 000 réfugiés (G. Dreyfus-Armand). Cet exode constitue l’un des grands drames politiques et humains de l’Europe de l’entre-deux-guerres.
-
L’accueil des réfugiés en France se fait dans des conditions souvent indignes. Massif, il s’accompagne d’internements, de camps, de mesures de surveillance et, ultérieurement, d’un recours contraint à la main-d’œuvre réfugiée.
-
Le gouvernement républicain en exil maintient la continuité institutionnelle de la République après 1939, jusqu’à sa dissolution en 1977, au terme des premières élections démocratiques de la transition.
-
La reconnaissance de Franco par les démocraties européennes intervient donc contre cette continuité républicaine en exil. Elle ne consacre pas seulement un vainqueur militaire, mais entérine diplomatiquement l’élimination d’un régime légal issu de la République.
-
Le franquisme instaure une dictature durable, née de la victoire militaire des insurgés. Le régime se structure autour de Franco, du Movimiento Nacional, de l’armée, de la police politique, de l’Église officielle et d’un appareil répressif étendu.
-
La répression franquiste présente un caractère systémique. Elle passe par les exécutions, les prisons, les camps, le travail forcé, l’épuration administrative, la surveillance politique, l’exil et la destruction organisée des oppositions.
-
La qualification de « régime de terreur d’État » est défendable si l’on entend par là un pouvoir gouvernant par la peur, l’élimination de l’adversaire, la répression judiciaire et militaire et l’intimidation sociale. Cette formule est préférable au terme isolé de « régime terroriste », qui exigerait une définition rigoureuse préalable.
-
Des violences de masse se produisent dans les deux zones, mais l’historiographie en établit la dissymétrie, selon les axes de l’échelle, de l’intention, de la systématicité, de la durée et du commandement. Dans la zone insurgée, la violence est planifiée, ordonnée par le commandement militaire dès les instructions de Mola, et se prolonge plusieurs décennies après la fin des combats. Dans la zone républicaine, elle est largement liée à l’effondrement de l’ordre des premiers mois, que le gouvernement légal s’efforce de réprimer, et décroît à mesure que l’État se reconstitue. Certains épisodes, telles les exécutions de Paracuellos ou les mises à mort de religieux, présentent néanmoins des traces d’organisation et ne relèvent pas de la seule spontanéité. La reconnaissance de ces faits ne fonde aucune équivalence : la répression franquiste excède l’autre violence par son ampleur, sa durée et son caractère d’État.
-
L’opposition au franquisme ne saurait être réduite au vocabulaire de la criminalité ou du terrorisme employé par le régime. Dans un État né d’un coup d’État, soutenu par les fascismes européens et maintenu par la répression, elle relève d’abord d’une résistance politique à une dictature.
-
La guerre d’Espagne ne peut donc être traitée comme un conflit civil clos sur lui-même. Conflit espagnol, elle est aussitôt internationalisée par les puissances fascistes, encadrée par la non-intervention des démocraties, traversée par des intérêts économiques privés, et close par une reconnaissance diplomatique qui abandonne la République vaincue.
-
La formulation la mieux étayée n’est pas celle d’un complot unique, mais celle d’une convergence internationale d’intérêts opposés à la République : intérêts fascistes, militaires, conservateurs, catholiques, anticommunistes, financiers et géostratégiques.
-
La conclusion historiquement soutenable est la suivante. Franco l’emporte non seulement en raison des divisions et de l’affaiblissement militaire du camp républicain, mais aussi parce qu’une part décisive de l’Europe conservatrice, fasciste, catholique, financière et diplomatique préfère l’ordre franquiste au risque que représentait, à ses yeux, la République dans sa dimension sociale et révolutionnaire.
Sources classées par rang
Les sources sont ici ordonnées selon leur poids probatoire, des plus contraignantes aux plus indicatives. Le premier rang prime sur le deuxième, qui prime sur le troisième. Les sites de vulgarisation servent d’aiguillage vers les sources, non d’autorité.
Rang I. Sources primaires
-
Hansard, UK Parliament, « Recognition of General Franco’s Government », 27 février 1939.
-
Hansard, UK Parliament, débats « Spain » (Guernica, guerre d’Espagne).
-
Oireachtas, Dáil Éireann, débat du 19 février 1937, sur les tensions irlandaises.
-
Lettre collective de l’épiscopat espagnol, 1ᵉʳ juillet 1937, éditions d’époque (Catholic Historical Research Center, « Pastoral Letter of the Spanish Bishops »), avec la réfutation chrétienne « Christ or Franco ? An Answer to the Collective Letter ».
-
Department of State, Office of the Historian, documents diplomatiques sur la non-intervention.
-
Conseil de l’Europe, Assemblée parlementaire, Recommandation 1736 (2006), adoptée le 17 mars 2006 (rapport Doc. 10737). Première condamnation internationale du régime.
-
Loi 52/2007 dite « de mémoire historique » (Espagne). Source juridique.
-
PARES, Portal de Archivos Españoles, « República Española en el exilio, 1939-1977 ». Fonds d’archives.
-
Archives nationales de France, fonds du ministère de l’Intérieur sur les réfugiés espagnols, 1939-1940.
-
Ministerio de Cultura (Espagne), guide de l’exil espagnol de 1939 dans les archives d’État.
-
International Brigades Memorial Trust, « Volunteer Search ». Données nominatives.
Rang II. Travaux universitaires
-
Les monographies de la bibliographie de travail ci-dessus, dont Preston, Viñas, Howson, Graham, Casanova, Raguer, Alpert, Beevor et Payne, ainsi que Stradling et McGarry pour l’engagement irlandais et Dreyfus-Armand pour la Retirada.
-
Scott Ramsay, « The British Government’s Appeasement of General Franco during the Spanish Civil War » (JSTOR ; dépôt White Rose).
-
José M. Sánchez, « The Spanish Church and the Second Republic and Civil War » (JSTOR).
-
« The Spanish Bishops and Nazism during the Civil War » (JSTOR). Pour nuancer les rapports épiscopat-nazisme.
-
Martin Richards, « Pax Romana from the Spanish Civil War to the post-1945 World » (OUP). Réseaux catholiques internationaux.
-
Glyn Stone, « Italo-German Collaboration and the Spanish Civil War ».
-
Leonard Caruana et Hugh Rockoff, « The Allies, Spain, and Oil in World War II » (NBER ; JSTOR). Texaco et les enjeux pétroliers.
-
« Recruitment for the International Brigades Reassessed » (Sage). Chiffres et recrutement.
-
M. Folch-Serra, « Linking Repression and Exile » (RACO).
-
Javier Tusell, « The Government of the Spanish Republic in Exile, 1939-1977 » (Taylor & Francis).
-
José de Hoyos Puente et travaux du CSIC sur les institutions républicaines en exil et le rôle du Mexique.
-
L. Muñoz-Encinar, « Beyond Mass Graves : Exhuming Francoist Concentration Camps » (IJHMC), et ses travaux sur la violence faite aux femmes.
-
F. M. Gonzalo, « Forced Labour in Franco’s Spain » (EHES). Travail forcé.
-
Flinders University et University of Bristol, études sur les réponses portugaise et britannique, à privilégier si le texte intégral est consultable.
Rang III. Sources institutionnelles, pédagogiques et journalistiques
-
Encyclopaedia Britannica, « Spanish Civil War ». Synthèse générale.
-
United States Holocaust Memorial Museum, « Spanish Civil War ». Internationalisation et aide de l’Axe.
-
European Network Remembrance and Solidarity, « Spanish coup of July 1936 ».
-
Musée national de l’Histoire de l’immigration, « La Retirada ».
-
Harvard, « Historical Memory in Post-Franco Spain ». Mémoire démocratique et exhumations.
-
Virtual Spanish Civil War (VSCW), entrées « International Context », « Timeline », « The Viriatos », « The Spanish Church Speaks », « Military Mass », « Texaco and Ford », « Irish Volunteers for Franco ». Site pédagogique, à utiliser comme aiguillage, non comme autorité probante.
-
University of Warwick (chronologie et documents), Algarve History Association, People’s History Museum, HCSS « A Little World War ». En appoint.
-
Adam Hochschild sur Rieber et Texaco (Nieman Storyboard, Democracy Now). Journalistique, à subordonner aux travaux historiques.
-
« Portugal of Salazar, an Indispensable Ally of Spain » (ResearchGate). À identifier précisément avant tout emploi.
Sélection prioritaire
-
Encyclopaedia Britannica, « Spanish Civil War ».
-
USHMM, « Spanish Civil War ».
-
VSCW, « International Context ».
-
VSCW, « The Viriatos : Portugal Supports Franco ».
-
Scott Ramsay, « The British Government’s Appeasement of General Franco ».
-
Hansard, « Recognition of General Franco’s Government », 27 février 1939.
-
VSCW, « The Spanish Church Speaks ».
-
Hilari Raguer, Gunpowder and Incense.
-
José M. Sánchez, « The Spanish Church and the Second Republic and Civil War ».
-
VSCW, « Texaco and Ford ».
-
Leonard Caruana, « The Allies, Spain, and Oil in World War II ».
-
« Recruitment for the International Brigades Reassessed » (Sage).
-
International Brigades Memorial Trust, « Volunteer Search ».
-
Musée national de l’Histoire de l’immigration, « The Retirada ».
-
PARES, « República Española en el exilio, 1939-1977 ».
-
José de Hoyos Puente, travaux sur l’exil républicain.
-
Javier Tusell, « The Government of the Spanish Republic in Exile, 1939-1977 ».
-
L. Muñoz-Encinar, « Beyond Mass Graves ».
-
F. M. Gonzalo, « Forced Labour in Franco’s Spain ».
-
Conseil de l’Europe, Recommandation 1736 (2006).
Chronologie
Repères chronologiques établis à partir des dates citées dans l’ouvrage. Les renvois entre parenthèses indiquent le chapitre où le fait est traité.
Avant la République (1868-1931)
-
1868 – La Glorieuse, révolution qui chasse Isabelle II et ouvre le Sexennat démocratique. (Fascicule I)
-
22 février 1928 et 26 octobre 1930 – La France fait Franco officier puis commandeur de la Légion d’honneur, pour services rendus au Maroc. (ch. VII)
La République et ses adversaires (1931-1936)
-
14 avril 1931 – Proclamation de la Deuxième République. Alphonse XIII quitte l’Espagne sans abdiquer. (Fascicule I, ch. II)
-
10 août 1932 – Tentative de coup d’État du général Sanjurjo, futur chef désigné du soulèvement de 1936. (ch. II)
-
9 septembre 1932 – Loi de bases de la réforme agraire. (Fascicule IV)
-
10-11 janvier 1933 – Casas Viejas. Répression d’un soulèvement paysan libertaire dans la province de Cadix. (Fascicule II)
-
15 mars 1933 – La commission d’enquête parlementaire reconnaît la réalité des fusillades de Casas Viejas. (Fascicule II)
-
octobre 1934 – Révolte ouvrière des Asturies, écrasée par l’armée. Date que la répression franquise criminalisera rétroactivement. (ch. XIII)
-
février 1936 – Victoire électorale du Front populaire. (ch. II)
Le coup d’État et la guerre (1936-1939)
-
1ᵉʳ juillet 1936 – Signature à Rome de quatre contrats d’armement, dix-sept jours avant le coup, exhumés par Ángel Viñas. (ch. II)
-
13 juillet 1936 – Assassinat du chef monarchiste Calvo Sotelo. (ch. II)
-
17-18 juillet 1936 – Déclenchement du putsch militaire contre la République. (ch. II)
-
20 juillet 1936 – Mort du général Sanjurjo, chef désigné du soulèvement. (ch. II)
-
4 août 1936 – Fusillé à Ceuta, un officier qui avait refusé de bombarder Oviedo en 1934. (Fascicule II)
-
11 août 1936 – L’archevêque de Saragosse, Rigoberto Doménech, justifie la violence des rebelles. (Fascicule III)
-
14 et 25 août 1936 – La Suisse interdit par arrêtés l’exportation d’armes vers l’Espagne. (ch. VIII)
-
29 décembre 1936 – Le Département d’État américain reconnaît ne pouvoir légalement refuser deux licences d’exportation d’avions. (ch. IX)
-
8 janvier 1937 – Roosevelt signe une résolution du Congrès interdisant l’exportation d’armes vers l’Espagne. (ch. IX)
-
15 février 1937 – Accord commercial signé avec la République, tandis que les échanges avec la zone rebelle se développent. (ch. VIII)
-
avril 1937 – Bombardement de Guernica. (ch. XVI, Avertissement)
-
1ᵉʳ juillet 1937 – Lettre collective de l’épiscopat espagnol, rédigée par le cardinal Gomá, qui bénit le soulèvement. (ch. XI)
-
9 février 1939 – Ley de Responsabilidades Políticas, rétroactive au 1ᵉʳ octobre 1934. (ch. XIII)
-
14 février 1939 – La Suisse reconnaît de jure le régime de Franco. (ch. VIII)
-
27 février 1939 – La France reconnaît le gouvernement franquiste, Madrid n’étant pas encore tombée. (ch. V)
-
1ᵉʳ avril 1939 – Franco proclame la fin de la guerre, communiqué de Burgos. (Prologue, ch. XIII)
L’exil, la résistance, La Nueve (1940-1950)
-
22 juin 1941 – Invasion de l’URSS, tournant de l’engagement communiste dans la Résistance. (ch. IV)
-
19 avril 1944 – Arthur Vincent, résistant, assassiné à Vachères par la Gestapo française. (ch. I)
-
24 août 1944 – La Nueve, sous le lieutenant Amado Granell, parmi les premiers à entrer dans Paris. (ch. V, VI)
-
25 août 1944 – De Gaulle, à l’Hôtel de Ville, « Paris libéré par lui-même ». (ch. V)
-
7 septembre 1944 – Camus publie « Nos frères d’Espagne » dans Combat. (ch. IV)
-
26 septembre 1944 – De Gaulle décore à Nancy le capitaine Dronne. (ch. V)
-
7 septembre 1950 – Opération Boléro-Paprika, arrestation de réfugiés espagnols en France. (ch. V)
-
7 octobre 1950 – Dissolution par arrêté de l’Amicale des anciens FFI et résistants espagnols. (ch. V)
La réhabilitation internationale de Franco (1946-1957)
-
4 mars 1946 – Déclaration tripartite États-Unis, Royaume-Uni, France condamnant le régime. (ch. X)
-
12 décembre 1946 – L’ONU adopte la résolution 39 recommandant le retrait des ambassadeurs. (ch. X)
-
4 novembre 1950 – Résolution 386, qui annule le rappel des ambassadeurs. (ch. X)
-
16 juillet 1951 – L’amiral Forrest Sherman rencontre Franco. (ch. X)
-
27 août 1953 – Concordat entre le Saint-Siège et l’Espagne. (ch. XII)
-
26 septembre 1953 – Accords de Madrid, bases américaines en Espagne. (ch. X)
-
26 janvier 1955 – Statut d’observateur de l’Espagne à l’ONU. (ch. X)
-
14 décembre 1955 – Admission de l’Espagne franquiste à l’ONU. (ch. X)
-
31 décembre 1957 – Bilan américain, cinq cent trente-huit millions de dollars fournis à l’Espagne. (ch. X)
Camus, Char et l’UNESCO (1952-1957)
-
25 février 1952 – Meeting salle Wagram en faveur des syndicalistes espagnols. (ch. IV)
-
6 juin 1952 – Lettre de Camus au directeur général de l’UNESCO contre l’admission de l’Espagne franquiste. (ch. IV)
-
7 et 15 juillet 1952 – Lettres de protestation cosignées par Camus, Guilloux et Char. (ch. IV)
-
30 novembre 1952 – Camus, salle Wagram, « L’Espagne et la culture ». (ch. III)
-
30 janvier 1953 – Admission de l’Espagne franquiste à l’UNESCO, effective. (ch. IV)
-
23 et 24 octobre 1955 – Char va plus loin que la pétition, lettre à Camus. (ch. IV)
-
10 décembre 1957 – Discours du banquet Nobel de Camus. (ch. IV)
L’Église, le concile et sa réception (1963-1976)
-
novembre 1963 – L’abbé Escarré déclare au Monde que l’Espagne a connu vingt-cinq ans de victoire, non de paix. (ch. XII)
-
7 décembre 1965 – Gaudium et spes et Dignitatis humanae, constitutions de Vatican II. (ch. XI, XII)
-
28 juin 1967 – Loi espagnole sur la liberté religieuse, qui cite Dignitatis humanae en la menottant. (ch. XII)
-
1968-1976 – Prison concordataire de Zamora pour prêtres dissidents. (ch. XII)
-
13-18 septembre 1971 – Assemblée conjointe des évêques et des prêtres, pardon manqué aux deux tiers. (ch. XII)
La résistance intérieure et la fin du régime (1954-1978)
-
août 1954 – Mort de Francisco Serrano Iranzo, El Rubio, guérillero du Maestrazgo. (ch. XIII)
-
janvier 1957 – Grève de La Camocha, foyer des Comisiones Obreras. (ch. XIII)
-
1959 – Fondation d’ETA, scission de jeunes nationalistes rompant avec le PNV. (ch. XIII)
-
juin 1962 – Congrès du Mouvement européen à Munich, que le régime baptise Contubernio. (ch. XIII)
-
1962 – Grandes grèves minières des Asturies. (ch. XIII)
-
7 novembre 1962 – Arrestation de Julián Grimau. (ch. XV)
-
20 avril 1963 – Grimau fusillé, Arias Navarro dirigeant alors la police politique. (ch. XV)
-
1963 – Mort du maquisard Ramón Vila Capdevila, Caracremada. (ch. XIII)
-
1965 – Mort de José Castro Veiga, El Piloto, dernier maquisard. (ch. XIII)
-
juin 1972 – Arrestation de la direction de CCOO, Proceso 1001. (ch. XIII, XV)
-
20 décembre 1973 – ETA tue Carrero Blanco rue Claudio Coello, le jour du verdict du Proceso 1001. (ch. XIV)
-
29 décembre 1973 – Décret nommant Arias Navarro président du gouvernement. (ch. XV)
-
3 janvier 1974 – Entrée en fonction d’Arias Navarro. (ch. XV)
-
12 février 1974 – Discours de l’« esprit du 12 février ». (ch. XV)
-
2 mars 1974 – Exécution au garrot de Salvador Puig Antich et de Heinz Chez. (ch. XV)
-
27 septembre 1975 – Cinq militants antifranquistes fusillés, dernières exécutions du régime. (ch. XV)
-
20 novembre 1975 – Mort de Franco. (ch. XV)
-
12 décembre 1975 – Juan Carlos Iᵉʳ confirme Arias à la tête du premier gouvernement de la monarchie. (ch. XV)
-
3 mars 1976 – Vitoria, cinq ouvriers tués par la police. (ch. XV)
-
1ᵉʳ juillet 1976 – Départ d’Arias Navarro, Suárez lui succède. (ch. XV)
-
15 juin 1977 – Premières élections libres depuis 1936. (ch. XVI)
-
15 octobre 1977 – Loi d’amnistie 46/1977, publiée au BOE le 17 octobre. (Prologue, ch. XVI)
-
1978 – Constitution espagnole. (ch. XVI)
Deux naissances et une mort
-
4 mars 1904 – Naissance de Luis Carrero Blanco. (ch. XIV)
-
11 décembre 1908 – Naissance de Carlos Arias Navarro. (ch. XV)
-
30 avril 1972 – Mort de Clara Campoamor à Lausanne, sans avoir pu rentrer. (ch. X)
La mémoire et l’impunité (1981-2026)
-
23 février 1981 – Tentative de coup d’État de Tejero, le retour des sabres. (Prologue)
-
1998 – La justice espagnole, par Garzón, poursuit Pinochet au nom de la compétence universelle. (ch. XVI, Épilogue)
-
14 juin 2005 – La Cour suprême argentine annule les lois d’amnistie dans l’arrêt Simón. (Épilogue)
-
17 mars 2006 – Conseil de l’Europe, recommandation 1736, première condamnation internationale du franquisme. (ch. XVI)
-
2008 – Garzón tente d’enquêter sur les crimes du franquisme. Le Comité des droits de l’homme de l’ONU demande d’envisager l’abrogation de l’amnistie. (ch. XVI, Épilogue)
-
2010 – Ouverture de la querella argentina. (Épilogue)
-
2012 – Garzón acquitté, mais le verrou de l’amnistie est maintenu. (ch. XVI)
-
2015 – Madrid refuse d’extrader vingt anciens responsables franquistes réclamés par l’Argentine. (Épilogue)
-
2021 – Identification des restes d’El Rubio par la Generalitat. (ch. XIII)
-
2022 – Loi 20/2022 de mémoire démocratique, sans abrogation de l’amnistie. (ch. XVI)
-
17 juin 2024 – Auto 57/2024 du Tribunal constitutionnel, la loi de 2022 n’écarte ni la prescription ni l’amnistie. (ch. XVI, Épilogue)
-
2024 – Experts de l’ONU alarmés par les lois régionales dites de « concorde ». (ch. XVI, Épilogue)
-
novembre 2025 – L’Organisation mondiale contre la torture réclame l’abrogation de l’amnistie, aux cinquante ans de la mort de Franco. (ch. XVI, Épilogue)
-
mars 2026 – Création d’une Commission de vérité, présidée par Baltasar Garzón. (ch. XVI, Épilogue)
Index des noms {.unnumbered}
Index des personnes citées dans l’ouvrage. Le renvoi indique le chapitre, la pagination étant à établir à la composition. Les surnoms de guérilleros renvoient au nom d’état civil.
Acheson, Dean – secrétaire d’État américain. Ch. X.
Alphonse XIII – roi d’Espagne, quitte le pays en 1931 sans abdiquer. Fascicule I, ch. II.
Areilza, José María de – ministre du second gouvernement Arias. Ch. XV.
Arias Navarro, Carlos – procureur à Málaga, directeur général de la Sécurité, dernier président du gouvernement de Franco. Ch. XV, XVI.
Azaña, Manuel – chef du gouvernement républicain au temps de Casas Viejas. Fascicule II.
Aznar Clemente, Francisco – l’un des cinq ouvriers tués à Vitoria le 3 mars 1976. Ch. XV.
Barrera de Irimo, Antonio – vice-président du premier gouvernement Arias. Ch. XV.
Barroso Chaparro, Romualdo – l’un des cinq de Vitoria. Ch. XV.
Beaumarchais – dont la formule sur la calomnie sert de matrice au vocabulaire retourné du livre. Préliminaires.
Berzal, Enrique – historien du catholicisme contestataire espagnol. Ch. XII.
Bueno Fernández – tué dans l’attentat contre Carrero Blanco, le 20 décembre 1973. Ch. XIV.
Calvo Sotelo, José – chef monarchiste, assassiné le 13 juillet 1936. Ch. II.
Camus, Albert – écrivain, ses cinq fidélités à l’Espagne républicaine. Ch. III, IV.
Caracremada – voir Vila Capdevila, Ramón.
Carrero Blanco, Luis – amiral, dauphin de Franco, tué le 20 décembre 1973. Ch. XII, XIII, XIV, XV.
Casanova, Julián – historien de la guerre et du franquisme. Préliminaires, ch. XII, Annexe.
Castillo García, José – l’un des cinq de Vitoria. Ch. XV.
Castro Veiga, José, dit El Piloto – dernier maquisard, tué en 1965. Ch. XIII.
Celia – voir Montero, Remedios.
Char, René – poète et résistant, la rencontre de Font-Neuve. Préliminaires, ch. I, IV, V, VI.
Cueva, Julio de la – historien de l’anticléricalisme. Ch. XII.
De Gaulle, Charles – sa poignée de main avec Franco au Pardo, la mémoire confisquée de La Nueve. Préliminaires, ch. I, III, V, VI, VII.
Doménech, Rigoberto – archevêque de Saragosse, justifie la répression en août 1936. Fascicule III.
Dronne, Raymond – capitaine commandant La Nueve. Ch. V.
El Piloto – voir Castro Veiga, José.
El Quico – voir Martínez López, Francisco.
El Rubio – voir Serrano Iranzo, Francisco.
Escarré, Aureli Maria – abbé de Montserrat, sa déclaration au Monde en novembre 1963. Ch. XII.
Felipe VI – roi d’Espagne, inaugure le jardin de La Nueve à Paris en 2015. Ch. V.
Fernández, Manuel – survivant de La Nueve. Ch. V.
Forest, Eva (Julen Agirre) – autrice d’Operación Ogro, sur l’attentat contre Carrero. Ch. XIV.
Fraga Iribarne, Manuel – ministre de Franco, fondateur d’Alianza Popular dont le Parti populaire est l’héritier. Ch. XV, XVI, Épilogue.
Franco, Francisco – le Caudillo. Cité dans l’ensemble de l’ouvrage.
Fuente, Licinio de la – vice-président du premier gouvernement Arias. Ch. XV.
García Hernández, José – vice-président du premier gouvernement Arias. Ch. XV.
Garrigues, Antonio – ministre du second gouvernement Arias. Ch. XV.
Garzón, Baltasar – juge, l’enquête de 2008, la Commission de vérité de 2026. Ch. XVI, Épilogue.
Gomá, Isidro – cardinal primat, rédacteur de la Lettre collective de 1937. Préliminaires, ch. XI.
Gómez, Raphaël – survivant de La Nueve. Ch. V.
Granell, Amado – lieutenant de La Nueve, parmi les premiers officiers alliés entrés dans Paris. Ch. V, VI.
Grimau, Julián – dirigeant communiste, torturé à la Direction générale de la Sécurité, fusillé en 1963. Ch. XV, Épilogue.
Guilloux, Louis – écrivain, cosignataire des lettres contre l’admission de l’Espagne à l’UNESCO. Ch. IV.
Heinz Chez (Georg Michael Welzel) – exécuté au garrot le même jour que Puig Antich, le 2 mars 1974. Ch. XV.
Hidalgo, Anne – maire de Paris. Ch. V.
Hitler, Adolf – soutien du soulèvement. Cité dans plusieurs chapitres.
Juan Carlos Iᵉʳ – roi d’Espagne, confirme Arias en 1975. Ch. XV.
Kent, Victoria – députée républicaine opposée au suffrage féminin immédiat. Préliminaires.
Laboa, Juan María – historien de l’Église espagnole. Ch. XII.
Law, Oliver – commandant afro-américain du bataillon Abraham Lincoln. Ch. IX.
Levisse-Touzé, Christine – historienne, sur la mémoire de La Nueve. Ch. V.
March, Juan – banquier, financier du putsch. Ch. II, VIII.
Martín Villa, Rodolfo – haut responsable franquiste, visé par la justice argentine. Ch. XV.
Martínez López, Francisco, dit El Quico – guérillero. Ch. XIII.
Martínez Ocio, Pedro María – l’un des cinq de Vitoria. Ch. XV.
Mola, Emilio – général, « le Directeur » du soulèvement. Ch. II.
Montero, Remedios, dite Celia – guérillera du llano. Ch. XII, XIII.
Montseny, Federica – ministre anarchiste de la République. Ch. VII.
Múgica, Mateo – évêque de Vitoria, refuse de signer la Lettre collective de 1937. Ch. XI.
Néron – empereur, figure de la persécution que la lecture de Romains 13 servit à masquer. Ch. XI.
Osorio, Alfonso – ministre du second gouvernement Arias. Ch. XV.
Paul VI – pape, tensions avec le régime franquiste. Ch. XI, XII.
Pereda Moral, Bienvenido – l’un des cinq de Vitoria. Ch. XV.
Pérez Mogena, José Luis – chauffeur de Carrero Blanco, tué dans l’attentat du 20 décembre 1973. Ch. XIV.
Pétain, Philippe – figure de la collaboration, en écho au blanchiment de Franco. Préliminaires, ch. VI, VII.
Pinochet, Augusto – dictateur chilien, poursuivi par la justice espagnole en 1998. Ch. XVI, Épilogue.
Pontecorvo, Gillo – cinéaste, Operación Ogro (1979). Ch. XIV.
Puig Antich, Salvador – militant du MIL, exécuté au garrot en 1974. Ch. XV, Épilogue.
Rieber, Torkild – dirigeant de Texaco, ravitailla Franco en pétrole à crédit. Ch. IX, Annexe.
Roncalli, Angelo (Jean XXIII) – nonce puis pape. Ch. XII.
Roosevelt, Franklin D. – signe l’embargo de janvier 1937. Ch. IX.
Royo Ibáñez, Luis – survivant de La Nueve. Ch. V.
Salazar, António de Oliveira – dictateur portugais, appui du soulèvement. Ch. VIII, Postface, Annexe.
Sanjurjo, José – général, chef désigné du soulèvement, mort le 20 juillet 1936. Fascicules, ch. II.
Sartre, Jean-Paul – auteur d’un procès radiophonique fictif de De Gaulle (1947). Ch. VI.
Scott, C. P. – directeur du Manchester Guardian, « le commentaire est libre, mais les faits sont sacrés ». Préliminaires, Postface, Annexe.
Serrano Iranzo, Francisco, dit El Rubio – guérillero du Maestrazgo, restes identifiés en 2021. Ch. XIII.
Sherman, Forrest – amiral américain, rencontre Franco en 1951. Ch. X.
Sirgo, Anita – figure des grèves minières asturiennes de 1962. Ch. XIII.
Suárez, Adolfo – successeur d’Arias, conduit la réforme jusqu’aux élections de 1977. Ch. XV, XVI.
Tarancón, Vicente Enrique y – cardinal, cible du cri « Tarancón al paredón ». Ch. XII, XIV.
Torres Bodet, Jaime – directeur général de l’UNESCO, destinataire de la lettre de Camus. Ch. IV.
Vidal i Barraquer, Francesc – cardinal de Tarragone, refuse de signer la Lettre collective de 1937. Ch. XI.
Vila Capdevila, Ramón, dit Caracremada – maquisard catalan, tué en 1963. Ch. XIII.
Viñas, Ángel – historien, exhuma les contrats de Rome de juillet 1936. Ch. II.
Vincent, Arthur – résistant, frère de Norbert, assassiné à Vachères en 1944. Ch. I.
Vincent, Norbert – témoin de la rencontre avec René Char à Font-Neuve. Ch. I.

