Chapitre V. De Gaulle et la mémoire confisquée
Chapitre V. De Gaulle et la mémoire confisquée
Mythomane, ou gaulliste avant tout ?
Il y a, dans l’histoire française de la Libération, une ingratitude qui ne porte pas la matraque. Elle ne gueule pas, ne nie pas, ne crache pas sur les morts. Elle fait mieux, ou pire. Elle les range hors champ.
Elle prend les armes, le courage, le sang, les morts. Puis, au moment d’écrire la grande fresque, elle resserre le cadre, baisse la lumière sur les étrangers, repeint le décor aux couleurs nationales, gomme les noms trop espagnols, trop rouges, trop anarchistes, trop vaincus, trop encombrants. Et elle écrit, d’une belle main d’État : Paris s’est libéré lui-même, la France s’est relevée seule, la Résistance était française, presque uniquement française, française jusqu’aux boutons de guêtre.
C’est dans ce pli-là que les républicains espagnols disparurent longtemps.
Non dans le néant des faits. Les faits, eux, étaient là. Têtus. Armés. Sanglants. Mais dans le grand roman national, celui que les États écrivent pour dormir moins mal, ils furent relégués à la marge. On leur laissa quelques stèles, quelques plaques, quelques noms perdus dans le Sud-Ouest, l’Ariège, le Gard, les Pyrénées, l’Aveyron, la Dordogne. On leur concéda la pierre locale, rarement la mémoire nationale.
La France officielle sut utiliser leur courage. Elle mit plus longtemps à reconnaître leur nom.
Geneviève Dreyfus-Armand l’a rappelé avec netteté. La participation des Espagnols à la Seconde Guerre mondiale aux côtés des Français, et particulièrement à la Résistance, fut longtemps méconnue, absente de la mémoire collective française. Cette absence n’est pas un détail. Elle dit une manière de fabriquer l’Histoire. On ne falsifie pas toujours en inventant. On falsifie aussi en réduisant, en oubliant, en laissant de côté ceux qui dérangent la pose héroïque.
Or les Espagnols républicains dérangeaient.
Car l’antifascisme européen n’avait pas commencé dans les communiqués de Londres, ni dans les salons résistants de l’après-guerre, ni dans les discours de ceux qui découvrirent Hitler le jour où Hitler devint leur ennemi. Eux l’avaient vu avant tout le monde, à Madrid, à Barcelone, à Guernica, sur l’Èbre, dans les prisons franquistes, dans les fosses, sur les routes de l’exil. Ils avaient payé comptant ce que l’Europe comprendrait à crédit.
Dans certains départements, notamment l’Ariège, ils ne furent pas seulement des auxiliaires. Ils furent parmi les premiers organisateurs de la résistance active. Beaucoup venaient des camps, du Vernet, des Compagnies de travailleurs étrangers, de cette France qui avait accueilli les vaincus de Franco derrière les barbelés avant de découvrir qu’ils savaient encore combattre. Ils étaient communistes, libertaires, socialistes, anarchistes, républicains sans parti, anciens soldats de l’armée populaire, hommes de maquis, hommes d’exil, hommes sans État mais non sans mémoire. Toute l’Espagne vaincue, mais non soumise, se retrouvait là, dans les bois français, à reprendre la guerre interrompue en 1939.
Le Parti communiste espagnol joua un rôle structurant dans cette organisation militaire, notamment autour du XIVᵉ Corps de guérilleros espagnols. Il faut le dire, car c’est un fait. Mais il faut aussitôt refuser l’autre paresse, réduire toute la Résistance espagnole à sa seule composante communiste. Ce serait substituer un mensonge commode à un autre. L’exil espagnol était pluriel, rugueux, conflictuel, vivant. Il portait en lui les fidélités de la République, de la CNT, de l’UGT, des socialistes, des anarchistes, des communistes, des hommes sans appareil et des femmes sans monument.
Ils avaient perdu une guerre. Ils n’avaient pas perdu le sens de l’ennemi.
La comparaison avec le Parti communiste français reste sensible, mais elle éclaire le décalage. Une partie de l’historiographie a longtemps situé l’engagement net du PCF dans la Résistance après le 22 juin 1941, lorsque l’Allemagne attaque l’URSS. Des travaux ont nuancé cela, en rappelant des formes d’activité antérieures. Mais une chose demeure. Les républicains espagnols, eux, n’avaient pas eu besoin d’attendre Barbarossa ni l’invasion de Moscou pour reconnaître le bruit de la botte. Ils portaient déjà l’Espagne dans leurs cicatrices.
Et puis il y eut La Nueve.
La 9ᵉ compagnie du Régiment de marche du Tchad, intégrée à la 2ᵉ DB du général Leclerc. Sur le papier militaire, une unité française. Dans la chair des hommes, une colonne d’Espagne républicaine. Environ cent soixante hommes, dont près de cent cinquante républicains espagnols. Des hommes qui avaient combattu Franco et qui entrèrent dans Paris avant que Paris ne sache vraiment quoi faire de leur mémoire.
Le soir du 24 août 1944, conduits par le lieutenant Amado Granell, ils furent parmi les premiers soldats alliés à atteindre l’Hôtel de Ville. Leurs half-tracks portaient des noms qui en disaient plus que bien des discours, Madrid, Guernica, Teruel, Ebro, Guadalajara, Brunete. Et il y a, dans ces baptêmes, un détail qui résume tout le chapitre. Des anarchistes de la compagnie avaient voulu nommer leur blindé Buenaventura Durruti. Le commandement français refusa, au motif qu’on n’inscrivait pas de noms de personnes. Par dérision, ils l’appelèrent Les Pingouins. L’effacement commençait là, sur la tôle d’un half-track, par un nom interdit. Ce n’étaient pas seulement des blindés. C’étaient des morceaux d’Espagne républicaine roulant dans Paris libéré. Les fantômes de 1936 avançaient dans les rues de 1944. Les vaincus de Franco ouvraient la route à la capitale de la France.
Voilà le paradoxe. Ils entrent dans Paris sans entrer dans la légende. Ils sont là, et déjà le récit les absorbe.
Le 25 août 1944, à l’Hôtel de Ville, De Gaulle prononce la phrase fondatrice, Paris libéré par lui-même. La formule est immense, politiquement efficace, presque hypnotique. Elle ressuscite une souveraineté, répare 1940, rend à la France une verticalité que l’effondrement, Vichy, l’Occupation et la collaboration avaient brisée. On comprend la nécessité du geste. De Gaulle devait refaire un État, restaurer une continuité, dire au monde que la France n’avait pas disparu.
Mais la grandeur politique a parfois le prix d’une injustice mémorielle.
Dans cette phrase, les Espagnols n’ont pas de nom. Les Alliés eux-mêmes passent à l’arrière-plan. La libération devient d’abord française, héroïquement française, presque exclusivement française. La vérité militaire, complexe, étrangère, alliée, métissée, est absorbée dans une vérité politique plus utile. De Gaulle ne ment pas exactement. Il compose, il hiérarchise, il encadre. Et dans l’encadrement, les républicains espagnols deviennent décor.
C’est toute la question. De Gaulle fut-il mythomane, ou simplement gaulliste avant tout ?
Peut-être les deux mots ne parlent-ils pas de la même chose. La mythomanie invente pour se grandir. Le gaullisme, lui, fabrique un mythe national pour relever un pays. Il ne s’agit pas seulement d’un mensonge personnel, mais d’une opération politique. De Gaulle avait compris qu’après 1940 il fallait rendre à la France une légende habitable. Mais une légende, même nécessaire, même efficace, même salvatrice pour l’État, demeure dangereuse lorsqu’elle demande aux autres de disparaître pour que la France se voie mieux.
La Nueve n’était pas une unité espagnole autonome. Il faut être précis. Elle appartenait au Régiment de marche du Tchad, dans la 2ᵉ DB de Leclerc, et était commandée sur le terrain par le capitaine Raymond Dronne. Ses hommes portaient l’uniforme et l’équipement de la division, souvent américains, roulaient dans des half-tracks américains, combattaient sous commandement français. Espagnols par l’histoire, républicains par fidélité, soldats de Leclerc par nécessité militaire, voilà leur vérité. Et c’est précisément cette vérité composite que la mémoire française mit tant de temps à regarder en face.
Là est le tour de passe-passe. La formule du 25 août les inclut, mais comme soldats anonymes des armées de la France. Juridiquement français sous l’uniforme, ils sont nommés comme Français et tus comme Espagnols. L’inclusion administrative devient le masque de l’effacement mémoriel.
On objectera, avec raison, que De Gaulle ne fut pas toujours indifférent à leur valeur militaire. Il savait. Il ne pouvait pas ne pas savoir. Le 26 septembre 1944, à Nancy, il remet la Médaille militaire et la Croix de guerre au capitaine Dronne et à plusieurs sous-officiers espagnols de La Nueve, le canarien Miguel Campos, le catalan Fermín Pujol, le galicien Cariño López. Ce détail compte. Il interdit la caricature. De Gaulle n’ignorait pas ces hommes. Il pouvait les reconnaître individuellement.
Mais reconnaître des soldats n’est pas encore leur donner une place dans le récit.
La reconnaissance individuelle n’empêche pas l’effacement collectif. Un ruban sur une poitrine ne répare pas une absence dans l’Histoire. On peut décorer un homme et oublier son peuple, saluer un courage et confisquer sa signification, remettre une médaille et reprendre la plume pour écrire la victoire sans ceux qui l’ont faite.
La suite le prouve.
Après la guerre, La Nueve tombe dans l’oubli. Il faut attendre des décennies pour que Paris rende officiellement hommage aux républicains espagnols de la colonne Dronne. Une plaque en 2004. La Grande Médaille de Vermeil pour les survivants en 2010. Soixante ans, ou presque, pour dire merci. Soixante ans pour écrire sur la pierre ce que les faits avaient crié dès août 1944.
Soixante ans, c’est long pour une dette d’honneur.
Et l’effacement ne fut pas seulement commémoratif. Il fut aussi administratif.
C’est ici que l’affaire de la presse républicaine espagnole prend tout son sens. Geneviève Dreyfus-Armand l’a établi. Les publications républicaines se multiplièrent après la Libération, sans contrainte immédiate, jusqu’à compter cent quarante-quatre titres en espagnol en 1945, le premier contingent de toute la presse d’exil. Puis un décret de février 1945 suspendit presque toute cette presse. On invoqua le trop grand nombre de publications en langue espagnole, on invoqua la pénurie de papier. Les États ont toujours des raisons propres pour bâillonner les langues sales.
La date est capitale, février 1945. Le Gouvernement provisoire de la République française est encore dirigé par Charles de Gaulle, qui reste à sa tête jusqu’en janvier 1946. Il faut donc formuler l’accusation avec précision. Il n’est pas nécessaire d’affirmer que De Gaulle aurait personnellement conçu cette mesure. Ce serait fragile, peut-être injuste. Il suffit de dire qu’elle fut prise sous l’autorité politique du gouvernement qu’il dirigeait.
Et cela suffit déjà à interroger.
Car la portée symbolique est terrible. Au moment même où les républicains espagnols sortent de la clandestinité, où ils veulent publier, témoigner, organiser l’exil, dire leur guerre, dire leurs morts, dire Franco, dire Hitler, dire Vichy, l’État français leur oppose l’argument du papier. Trop de journaux, trop d’espagnol, trop d’exil imprimé, trop de République vaincue parlant dans la langue de son deuil.
Comme si ces hommes avaient eu le droit de mourir en français, mais pas celui d’imprimer en espagnol.
La formule paraît cruelle. Elle l’est. Mais que dit le fait ? Que leur courage fut acceptable lorsqu’il servait la Libération, et leur parole gênante lorsqu’elle voulait survivre à la guerre. Le combattant espagnol était utile. Le journal républicain espagnol devenait embarrassant. On voulait bien de leurs armes quand elles tiraient sur l’occupant. On voulait moins de leurs journaux quand ils tiraient sur Franco, sur Vichy, sur la lâcheté européenne, sur les complicités de l’après-guerre.
Leur combat avait droit de cité. Leur mémoire, moins.
La mesure sera levée après le départ de De Gaulle. En mars 1946, un décret porté par Gaston Defferre, alors chargé de l’Information dans le gouvernement Gouin, permet de nouveau à la presse républicaine espagnole de paraître. Là encore, les dates parlent. Sous le GPRF dirigé par De Gaulle, suspension. Après son départ, réouverture. Cela ne fait pas de De Gaulle l’auteur unique du bâillon. Mais cela inscrit le bâillon dans un moment politique, dans une logique d’État, dans une France qui voulait reprendre le contrôle de son récit et de ses marges.
La chaîne est donc cohérente.
Les républicains espagnols combattent tôt, structurent des maquis surtout dans le Sud-Ouest, participent aux FTP-MOI, au XIVᵉ Corps de guérilleros, aux combats de libération, entrent dans Paris avec La Nueve, escortent parfois la France restaurée dans son propre décor. Puis ils disparaissent du roman national, tandis que leur presse est suspendue en février 1945.
Leur courage est accepté. Leur parole devient suspecte.
Ce n’est pas seulement une question de mémoire. La France gaullienne de la Libération devait se raconter debout, unanime, restaurée, presque intacte. Elle avait besoin d’un peuple français libérant Paris, d’une armée française revenant chez elle, d’un État français ressuscité. Les Espagnols républicains compliquaient cette image. Ils rappelaient trop de choses à la fois.
Ils rappelaient que la France avait interné les vaincus de 1939 dans des camps.
Ils rappelaient que l’antifascisme avait commencé en Espagne pendant que les démocraties européennes détournaient les yeux.
Ils rappelaient que Franco était toujours au pouvoir.
Ils rappelaient que les étrangers, les rouges, les anarchistes, les sans-patrie, les anciens vaincus avaient parfois combattu plus tôt, plus clairement, plus directement que bien des patriotes officiels.
Ils rappelaient enfin que la Libération de la France n’effaçait pas ce qu’elle devait à ceux qui avaient combattu sans patrie reconnue, sans papiers glorieux, sans État protecteur, mais non sans honneur.
Voilà ce que le récit national supporte mal : les dettes envers ceux qu’il ne peut pas facilement naturaliser dans sa légende.
La France officielle accepta les républicains espagnols comme combattants. Elle tarda à les reconnaître comme sujets de mémoire. Elle utilisa leur expérience, leur courage, leur sang. Puis, au moment d’écrire la geste nationale, elle les plaça dans la marge. La Nueve entra dans Paris avant d’entrer dans les livres. Les guérilleros espagnols libérèrent des terres françaises avant d’obtenir une place dans la mémoire française. Et lorsque leur presse voulut parler, en 1945, on lui répondit qu’il n’y avait plus assez de papier.
Il y a des pénuries qui sentent l’alibi.
C’est peut-être cela, le cœur du dossier, non pas une simple omission, non pas une distraction d’historien, non pas un oubli innocent, mais une ingratitude organisée par les nécessités politiques du récit national.
On objectera, et l’objection est sérieuse. L’historienne Christine Levisse-Touzé, qui dirigea le musée de la Libération de Paris, conteste qu’il y ait eu volonté de gommer, et met en garde contre la tentation de surestimer une compagnie dont la mission, ce jour-là, n’était pas de prendre Paris mais de dire aux Parisiens de tenir. L’objection est juste, et elle oblige à préciser. Je ne parle pas d’un complot, ni d’une consigne d’effacement signée quelque part. Je parle d’un effacement structurel, celui qui n’a besoin d’aucune volonté centrale pour fonctionner. Un récit national qui se veut unanime relègue de lui-même ce qui le dépareille. Et lorsqu’au structurel s’ajoute l’administratif, lorsqu’un décret suspend en 1945 la presse même de ces hommes, l’argument de la simple distraction ne tient plus. On peut ne pas avoir voulu effacer et effacer quand même.
Alors, mythomane, De Gaulle ?
Le mot est peut-être trop psychologique, trop petit pour l’affaire. De Gaulle ne relève pas ici du mensonge maladif, mais de la construction souveraine. Il fabrique une France grande, debout, résistante, continuée, invaincue en profondeur, parce qu’il pense qu’un pays a besoin de se croire vivant pour ne pas retomber. Mais dans cette fabrication, il choisit ce qui entre dans le cadre et ce qui reste dehors.
C’est là que commence le procès. Non celui d’un homme seul, mais d’une mémoire d’État.
En 2015, soixante et onze ans après, c’est un roi d’Espagne, Felipe VI, qui vient inaugurer le Jardin des Combattants-de-la-Nueve, à l’Hôtel de Ville. Au lieu même où la République espagnole avait surgi dans Paris en 1944, et au lieu même où De Gaulle avait dit la France libérée par elle-même, c’est l’Espagne qui vient enfin nommer les oubliés. La France n’avait pas trouvé les mots. Il fallut qu’on les lui apporte de l’autre côté des Pyrénées.
Et les républicains espagnols, eux, restent au seuil de cette mémoire, avec leurs morts, leurs blindés aux noms d’Espagne, leurs journaux suspendus, leurs décorations individuelles, leurs oublis collectifs.
Ils avaient libéré une part de la France.
La France mit soixante ans à libérer leur nom.
Repères documentaires
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Geneviève Dreyfus-Armand, L’Exil des républicains espagnols en France. De la guerre civile à la mort de Franco, Albin Michel, 1999.
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Geneviève Dreyfus-Armand, « La presse de l’exil espagnol de 1939 », dans Exils et migrations ibériques au XXᵉ siècle, p. 86-106. Source des décrets de presse, suspension de février 1945 sous le GPRF, réautorisation de mars 1946 sous le gouvernement Gouin, décret porté par Gaston Defferre.
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La Nueve, 9ᵉ compagnie du Régiment de marche du Tchad, 2ᵉ DB Leclerc. Environ 160 hommes, dont près de 146 républicains espagnols. Capitaine Raymond Dronne, lieutenant Amado Granell. Entrée dans Paris par la porte d’Italie le 24 août 1944 au soir, première à atteindre la place de l’Hôtel-de-Ville.
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Half-tracks de La Nueve : Madrid, Guernica, Teruel, Ebro, Guadalajara, Brunete, Santander, Belchite, Don Quichotte, España Cañí. Le nom « Buenaventura Durruti », proposé par des anarchistes, fut refusé par le commandement français, qui interdisait les noms de personnes. Le blindé fut nommé « Les Pingouins ».
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Décorations remises par le général de Gaulle à Nancy le 26 septembre 1944 au capitaine Dronne et aux sous-officiers espagnols Miguel Campos, Fermín Pujol et Cariño López, Médaille militaire et Croix de guerre 1939-1945.
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Discours de De Gaulle à l’Hôtel de Ville, 25 août 1944, « Paris libéré par lui-même ».
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Cent quarante-quatre titres de presse en espagnol en circulation en France en 1945 (Musée de l’histoire de l’immigration ; Dreyfus-Armand).
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Hommages tardifs de la Ville de Paris. Hommage de 2004. Grande Médaille de Vermeil remise le 24 février 2010, sous la mairie de Bertrand Delanoë, aux trois survivants Manuel Fernández, Luis Royo Ibáñez et Raphaël Gómez. Jardin des Combattants-de-la-Nueve inauguré le 3 juin 2015 par le roi Felipe VI, la reine Letizia et la maire Anne Hidalgo, cérémonie d’abord prévue en mars puis reportée après le crash de la Germanwings du 24 mars 2015.
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Position historiographique contradictoire : Christine Levisse-Touzé, directrice honoraire du musée de la Libération de Paris, conteste toute « volonté de gommer » le rôle de La Nueve et invite à ne pas en surestimer la mission.